Qatar Prix du Jockey Club - L’entraîneur Francis-Henri Graffard présente le grand défi de Daryzan, demi-frère du champion Daryz
Mercredi 27 mai, France Galop a poursuivi sa série de conférences de presse consacrées à l’édition 2026 du Qatar Prix du Jockey Club (Groupe 1, le plus haut niveau international). La grande course classique du galop mondial, créée en 1833, aura lieu le dimanche 31 mai 2026 sur l’hippodrome de Chantilly.
Disputée sur 2 100 mètres, cette épreuve prestigieuse est réservée aux poulains entiers et aux femelles de 3 ans. Elle offre 1,5 million d’euros d’allocations (gains de course).
La troisième rencontre avec les médias a notamment permis de mettre en lumière la candidature du poulain français Daryzan, avec :
- Son entraîneur, Francis-Henri Graffard, installé sur le centre d’entraînement de Chantilly (géré par France Galop)
- Nemone Routh, racing manager France des Aga Khan Studs, propriétaire et éleveur de Daryzan.
Petit frère de Daryz, dernier lauréat du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, Daryzan va tenter un exploit inédit. En effet, il n’a découvert la compétition que le 5 mai dernier, à Saint-Cloud, où il s’est imposé très nettement face à des chevaux eux aussi inédits. Jamais un cheval n’est parvenu à remporter le Qatar Prix du Jockey Club avec une expérience d’une seule course !
Francis-Henri Graffard, l’homme à qui tout réussit (Chantilly – Oise)
Francis-Henri Graffard, 49 ans, tient sa passion des courses de son grand-père, le Dr Henri Champliau, éleveur de chevaux d’obstacle et figure emblématique de la région du Charolais, berceau de la famille. Francis Graffard a très vite su qu’il voulait devenir entraîneur. Il poursuit des études de droit et décroche une maîtrise en droit des affaires. Après plusieurs expériences notamment dans le domaine des ventes de chevaux, il intègre la première édition du Darley Flying Start, un programme international de formation des cadres de l’industrie hippique fondé par le cheikh Mohammed Al Maktoum. C’est lors de ces années qu’il rencontre Lisa-Jane, aujourd’hui son épouse. Il travaille ensuite pour Godolphin à Newmarket puis rentre en France où il devient l’assistant de l’entraîneur Alain de Royer Dupré à Chantilly. À l’automne 2011, Francis-Henri Graffard décide de s’installer à son compte. Après le départ à la retraite d’Alain de Royer Dupré fin 2021, il prend en charge les effectifs des Aga Khan Studs basés à Aiglemont, tout en continuant à gérer sa propre écurie.
Francis-Henri Graffard entame sa 15e saison comme entraîneur et a terminé tête de liste [meilleur entraîneur français, classé selon les gains] l’an dernier.
En 2025, il a aussi établi le record de Groupes 1 remportés par un entraîneur français en une seule saison, avec 14 succès. Parmi ces 14 très grandes victoires, on compte bien sûr le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe de Daryz et la Japan Cup de Calandagan.
CITATIONS
Francis-Henri Graffard :

« C’est un pari osé, car il n’est jamais évident d'aborder ce genre de compétition avec très peu d'expérience. Mon rôle, c'est de savoir juger le potentiel mental et physique du cheval et d'adapter le travail pour pouvoir répondre à ses différentes caractéristiques. Daryzan aurait dû débuter plus tôt dans la saison et j'ai connu une période où mes chevaux étaient un peu malades et cela a retardé ses débuts. Donc le fait qu’il n’ait couru qu’une fois est également un concours de circonstances.
Daryzan a vraiment mûri d’un coup après sa course de débuts. Il n’y a qu'un seul Prix du Jockey Club par an : il a le pedigree pour pouvoir participer à ce genre de courses, donc nous tentons le pari.
Nous avons la chance d'entraîner à Chantilly, donc nous avons pu l'emmener à l'hippodrome faire un galop sur le parcours. Et cet hiver, il est souvent allé sur la P.S.F. de l’hippodrome, pour faire des canters. Le fait de prendre le camion et de voir l’hippodrome l’a fait progresser mentalement. L’an dernier, il était très bébé dans sa tête ; il pouvait se mettre à transpirer rapidement, s'énerver un peu.
Il s'est très bien comporté à Saint-Cloud pour ses débuts. Et depuis la course, mentalement, il a vraiment fait un bond en avant. Il est beaucoup plus serein et son cavalier du matin nous l'a dit aussi. Donc, bien sûr, dimanche, il y aura du monde et les conditions de course seront un peu différentes, mais on va s'attacher à le mettre dans sa bulle pour qu'il soit très professionnel ce jour-là ! »
Au sujet de l’opposition, notamment des chevaux entraînés par Aidan O’Brien :
« Aidan O’Brien est incroyable dans ses résultats, dans la façon dont il prépare ses chevaux. Il est en général celui qu'il faut battre lors de ces grands événements. (…) Je lis dans la presse en ce moment que tout le monde veut battre Calandagan. Dimanche, la situation est différente car Daryzan n’a couru qu’une fois. Nous nous basons sur son pedigree et sur ce qu’il nous a montré, sur son talent. Alors que les chevaux d’Aidan O’Brien sont beaucoup plus endurcis que lui. Mais j'aime bien quand il vient me voir après la course pour me féliciter ! Je voudrais quand même insister sur l’importance du nombre de partants et du numéro à la corde que nous aurons. »
Nemone Routh :
« Daryzan est le onzième produit de sa mère, et l’avant-dernier. Comme elle prenait de l’âge, nous avons préféré la faire saillir par l’un de nos étalons. Elle avait déjà bien produit avec Dubawi, et donc il était assez logique de l’envoyer à Zarak, lui-même fils de Dubawi. Mais j'ai l'impression que cette jument produit des gagnants de Stakes quel que soit l’étalon à qui on l’envoie ! Pour le moment, elle a donné 6 gagnants de Stakes. Daryzan pourrait être le septième. Elle a déjà eu deux gagnants de Groupe 1, des gagnants de Groupe 2, des gagnants de Listed. Elle-même était gagnante Groupe 1. Et sa mère a gagné le Prix de Diane. C'est une famille incroyable. Daryz, le grand frère de Daryzan, est très marqué par son père. Daryzan est plus efféminé mais il se déplace très bien. C'est un vrai athlète. Il est né tard, le 10 mai. Quand il a débuté, il n’avait pas encore 3 ans. Il avait le droit de ne pas être très précoce ! Il a la même qualité que son frère, cette forte accélération. C'est un vrai pari de courir dimanche en deuxième course, mais on pense que la qualité est là. Il manque un peu d'expérience, évidemment. Son numéro à la corde va être capital. Mickaël Barzalona avait le choix de monter Dolmalan ou Daryzan, et il a choisi Daryzan. »
