Rayif offre à la France son premier Prix Jacques Le Marois depuis 2017

MEETING DE DEAUVILLE BARRIERE
Hippodrome de Deauville-La Touques
THE AGA KHAN STUDS PRIX JACQUES LE MAROIS
Rayif offre à la France son premier Prix Jacques Le Marois depuis 2017
Succès populaire ce dimanche pour l'hippodrome de Deauville, où plus de 7 000 spectateurs ont répondu présents pour une journée riche en animations et marquée par un programme sportif de très haut niveau.
La course la plus attendue de la journée, The Aga Khan Studs Prix Jacques Le Marois, troisième Groupe 1 (le niveau d’excellence des courses hippiques) du Meeting de Deauville Barrière 2026, est revenu au poulain français de 3 ans Rayif.
Longtemps préservé dans le groupe de l’extérieur, Rayif a produit son effort à 300 mètres du poteau et s’est imposé d’une encolure devant l’Anglais Zeus Olympios, qui a fait illusion pour la victoire mais dont le jockey a perdu la cravache (ce qui ne l’a pas aidé, même s’il n’aurait pas battu Rayif). L’Irlandaise Precise a bien conclu pour prendre la troisième place, une demi-longueur plus loin.
Rayif offre aux Aga Khan Studs, son éleveur et propriétaire, un premier succès dans l’épreuve depuis Kalamoun, en 1973 ! Comme Rayif, Kalamoun avait remporté la Poule d’Essai des Poulains avant de s’imposer dans le Prix Jacques Le Marois. Ce doublé — rare – n’avait plus été réalisé depuis Vahorimix, en 2001…
Le succès de Rayif est d’autant plus symbolique que ses propriétaires et éleveurs, The Aga Khan Studs, sponsorisent le Prix Jacques Le Marois depuis l’an dernier.
La forme du tandem Graffard/Aga Khan
Entraîné à Chantilly, Rayif permet également à un représentant français de renouer avec la victoire dans cette épreuve, neuf ans après le dernier succès tricolore, en 2017. Francis-Henri Graffard remporte pour sa part son premier Prix Jacques Le Marois et son deuxième Groupe 1 de cett édition du Meeting de Deauville Barrière, après le succès de Samangan (déjà pour The Aga Khan Studs) dans l’ARC Prix Maurice de Gheest - FEE - en mémoire de Louis Romanet, le 9 août.
Le jockey Mickaël Barzalona inscrit lui aussi pour la première fois son nom au palmarès de ce Groupe 1.
Rayif restait sur une cinquième place dans le Haras de Fresnay-Le-Buffard Prix Jean Prat (Groupe 1), disputé à Deauville le 12 juillet dernier. Le poulain devrait désormais prendre la direction d’Ascot (GB) pour courir les Queen Elizabeth II Stakes (Groupe 1).
Les deux représentants japonais, Strauss et Sixpence, ont évolué isolés du reste du peloton, sur la portion de la piste côté tribunes. Ils n’ont jamais pu se rapprocher et ont terminé aux deux dernières places.
Le résultat technique
1er RAYIF (M. Barzalona)
2e ZEUS OLYMPIOS (C. Lee)
3e PRECISE (R. Moore)
Écarts : ENC – 1/2 – ¾. Temps : 1’35’’50.
Les réactions des entourages
Francis-Henri Graffard, entraîneur de Rayif (1er), Chantilly (Oise)
« Je pense que ce qu’a déjà fait Rayif est magnifique. Il est gagnant de l’Emirates Poule d’Essai et du Jacques Le Marois. Les prochaines courses seront toujours un stress, mais il a déjà accompli beaucoup de choses. Je n’ai jamais pensé que c’était un cheval de terrain souple et qu’il avait gagné précédemment grâce au terrain souple. C’est juste un bon cheval ! Il l’avait déjà montré lors de Poule d’Essai, où il avait eu un parcours un peu similaire. Il était venu en dedans, avait bien accéléré et, lorsqu’il avait été attaqué, il s’était relancé. Il aime ce qu’il fait, il aime son métier. Mickaël Barzalona, son jockey, m’a d’ailleurs dit : « Je n’ai jamais eu peur. » Il ne faut pas perdre confiance dans les chevaux. C’est un cheval formidable et, lorsqu’il a été battu, nous avions des excuses. Nous n’avons pas perdu confiance. C’est merveilleux de gagner cette course pour la casaque Aga Khan avec ce cheval, déjà gagnant de la Poule d’Essai. C’est une victoire extraordinaire. Toute l’histoire est belle. Mon travail, c’est d’essayer de tirer le maximum des chevaux et de les amener dans les grandes compétitions. J’ai une équipe extraordinaire autour de moi et cela aide. Idéalement, la course à Ascot, les Queen Elizabeth II Stakes, pourrait être intéressante, notamment parce qu’elle se dispute en ligne droite. Si le terrain est souple, il peut le faire ; s’il est rapide, il peut le faire aussi. Si je devais lui fixer un objectif de fin d’année, ce serait celui-là. »
Mickaël Barzalona, jockey de Rayif (1er)
« C’est incroyable. Je fais partie d’une équipe où tout fonctionne très bien. Tout le monde se fait extrêmement confiance, il y a beaucoup de dialogue et les chevaux répondent présents. Pour l’instant, c’est un peu un rêve éveillé. Une fois que j’ai trouvé ma place dans le parcours avec Rayif, j’étais bien positionné, avec des chevaux qui avaient de bonnes chances juste à côté de moi et d’autres qui étaient un peu le nez au vent. La course a été très régulière. »
Karl Burke, entraîneur de Zeus Olympios (2e), Angleterre
« Zeus Olympios a réalisé une très belle course et il progresse physiquement. Je pense que cela commence désormais à se voir également en piste. Et, évidemment, la question de savoir s’il restera à l’entraînement l’année prochaine doit être discutée. Je suis certain qu’il a l’un de ces Groupes 1 dans les jambes. C’est un très bon cheval. Il est simplement tombé sur un remarquable cheval, ici. Et sur un entraîneur en pleine réussite. Mais nous avons battu une pouliche, Precise, qui recevait beaucoup de poids de notre part. Et c’est une gagnante des Guinées. Donc, vous savez, il n’y a aucune honte à terminer deuxième ici aujourd’hui. Il faut en discuter concernant la suite. Évidemment, nous sommes engagés dans la course à Longchamp début septembre. Je doute que nous le ressortions pour celle-là. Mais la course d’Ascot, lors du Champions Day, serait certainement sérieusement envisagée. Surtout s’il reste à l’entraînement. Nous pourrions lui accorder une bonne pause, puis le présenter là-bas bien frais. »
Ryo Takei, entraîneur de Strauss (9e), Japon
« Nous savions que Strauss n’avait pas forcément besoin d’être caché et qu’il pouvait venir en progression. Nous avons décidé d’aller côté tribunes, où le terrain était plus souple mais plus régulier. Au milieu, il était beaucoup plus sec, mais aussi un peu plus irrégulier. Finalement, nous avons choisi cette partie-là, même s’il aurait probablement été préférable de passer par le milieu. Quand on lui a demandé d’accélérer, il n’a pas réagi. C’est peut-être simplement à cause du terrain. »
Joao Moreira, jockey de Strauss (9e), Brésilien basé à Hongkong
« À mi-parcours, j’ai réussi à le poser et à le faire galoper tranquillement, dans un bon rythme. Malheureusement, lorsque je l’ai décalé à environ 400 mètres de l’arrivée, il n’a pas vraiment répondu. Il a simplement continué sur son rythme et j’ai compris qu’il ne serait pas compétitif jusqu’au bout. Je pense qu’il n’a pas été capable de montrer son meilleur niveau aujourd’hui, même si la course était, à mon avis, très relevée. La question est maintenant de savoir s’il a réellement le niveau pour ce genre d’épreuve. Je suis content et fier qu’on lui ait donné sa chance. Il mérite d’en avoir une autre car, s’il n’a simplement pas montré son vrai visage aujourd’hui, peut-être fera-t-il mieux la prochaine fois. Il a en tout cas couru bien en dessous de ce que nous espérions. Au départ, j’avais l’intention de me rapprocher du milieu de la piste car, en regardant les courses précédentes, nous avions vu plusieurs chevaux gagner en pleine piste. Mais, pour aller jusque-là, j’aurais dû le sortir du sillage de Sixpence beaucoup trop tôt, dès la mi-course. Je savais qu’à ce moment-là, il aurait commencé à accélérer et à attaquer les chevaux de tête, au risque de se fatiguer plus tôt. Franchement, je ne pense pas que l’état ou l’emplacement de la piste explique sa contre-performance. Cela dit, la question peut légitimement se poser. Quoi qu’il en soit, Strauss est un cheval très talentueux. Comme je l’ai déjà dit, cela valait la peine de venir jusqu’ici pour le monter. Il m’a apporté énormément de bonheur par le passé. Je suis très heureux et reconnaissant envers tout son entourage de m’avoir confié un si beau cheval. »
Hiroyasu Tanaka, entraîneur de Sixpence (10e), Japon
« Sixpence est bien parti, mais il n’a pas pu accélérer. Peut-être n’était-il pas dans une condition optimale : il soufflait un peu après son dernier galop. C’était aussi sa première course en ligne droite. »