Le Défi des Haras – Grand Steeple-Chase de Chase - Sel Jem reprend son titre quatre ans après son premier sacre

Quatre ans après son premier sacre dans le Défi des Haras – Grand Steeple-Chase de Paris, Sel Jem a réussi l’exploit de gagner de nouveau la plus grande course d’Obstacle française, qui se disputait dimanche 17 mai sur l’hippodrome d’Auteuil. Sel Jem a connu de nombreux problèmes de santé depuis son titre en 2022, mais son entourage a su le ramener au top de sa condition pour triompher de nouveau. Le cheval âgé aujourd’hui de 9ans s’est montré impérial d’un bout à l’autre des 6.000m du parcours du Grand Steeple, pour s’imposer de 13 longueurs devant l’outsider Bon Garçon. Gold Tweet est un excellent troisième.
Sel Jem est entraîné à Royan-La Palmyre par Guillaume Macaire et Hector de Lageneste. C’est un huitième titre pour l’écurie charentaise, un record absolu dans cette course. Les deux hommes s’étaient déjà imposés en 2022 avec Sel Jem. Avant qu’il ne s’associe avec Hector de Lageneste, Guillaume Macaire avait remporté six Grands Steeples : Arenice en 1996, Bel la Vie en 2013, Storm of Saintly en 2014, So French en 2016 et 2017 et On the Go en 2018. Sel Jem, comme en 2022, était associé au jockey Johnny Charron, 45 ans. Ce dernier s’était également imposé en 2023 en selle sur Rosario Baron, entraîné par Daniela Mele.
Sel Jem appartient à la famille Papot, tenante du titre avec Diamond Carl et pour qui il s’agit d’un cinquième titre. Il a été élevé dans l’Orne par Florence Lormand.
Lors de la remise de prix sur le podium, les vainqueurs de l’édition 2026 du Défi des Haras Grand Steeple-Chase de Paris ont reçu leurs trophées des mains de Miss France 2026, Hinaupoko Devèze, présente à Auteuil lors de cette journée.

Le résultat technique
1er SEL JEM (Johnny Charron)
2e BON GARÇON (Charlotte Prichard)
3e GOLD TWEET (Clément Lefebvre)
Les réactions des entourages
Guillaume Macaire (co-entraîneur de Sel Jem, 1er) – Centre d’entraînement de Royan-La Palmyre (17)
« Je suis heureux comme longtemps je ne l’ai pas été. C'est un bonheur que l’on a du mal à décrire. Toutes les difficultés que l’on rencontre sont oubliées. En plus cela porte notre score à un huitième Grand Steeple. Son jockey Johnny Charron connaît parfaitement son cheval, et Sel Jem a de l’expérience. C’était le seul du lot à avoir déjà gagné cette course ! Sa plus grande qualité, c’est son fond inépuisable. Il va, il va tout le temps… Aujourd’hui, comme le terrain est spongieux et pas lourd, il s’en est sorti. Il ne fait pas son âge car il a connu plusieurs interruptions de carrière. ll a souffert d’un tendon, il a eu une hanche cassée… Et en début d’année, il a été très malade, avec la grippe restant un mois au box avec beaucoup de fièvre. Il n’y a que les chevaux d’exception qui peuvent se relever de ça. »
Hector de Lageneste (co-entraîneur de Sel Jem, 1er) – Centre d’entraînement de Royan-La Palmyre (17)
« Le cheval a été extraordinaire. On a beaucoup de chance de l’avoir. C’est une leçon de vie quand on sait tout ce qu’il a connu. Dès la dernière haie de la ligne d’en face, quand je l’ai vu en tête, je me suis effondré en larmes, en pensant d’où il revenait. Les champions comme lui n’ont besoin de personne. C’est aussi la victoire de toute l’équipe. Johnny est venu tous les jours pour le monter à l’approche du Grand Steeple. »
Johnny Charron (jockey de Sel Jem, 1er)
« C'est mon cheval, il me connaît par cœur, je le connais par coeur. Je tiens à remercier une femme qui a travaillé dur quand les chevaux étaient malades en début d’année. C’est Patricia Le Tellier. Elle a pris grand soin du cheval. C’est un grand travail d’équipe. »
Xavier Papot (propriétaire de Sel Jem, 1er)
« Ce matin, en voyant la pluie, je pensais que nous n’avions aucune chance. Le week-end avait déjà été superbe pour notre casaque familiale, avec Losange Bleu samedi, et Huron Bleu plus tôt dans la journée. Une fois le départ donné, plus la course avançait, et plus on voyait qu'on pouvait gagner. Ce cheval revient de nulle part. Les courses ont bien failli être terminées pour lui. Je ne peux même pas pleurer parce que je ne me rends même pas compte qu'on a gagné. C’est la première fois qu’avant une course, je n’imagine pas pouvoir gagner. Quel week-end ! Notre casaque est bénie ! Ce cheval a une classe folle, quelque chose qui n'est pas explicable. Les gens l'aiment beaucoup. Honnêtement, je ne sais pas quoi dire, parce que je ne réalise pas, c'est tellement fort. »
Florence Lormand (éleveur de Sel Jem, 1er)
« Je n’en reviens toujours pas. C’est incroyable. C’est une belle récompense parce que ce n’est quand même pas un métier très facile. Tout le monde le sait, mais je tiens quand même à le répéter ! Je pense qu’il est vraiment incroyable. C’est une exception parmi les cracks. Vraiment. Et puis c’est un cheval qui revient de loin. Il a quand même été sévèrement accidenté deux fois… et il revient ! Il a des entraîneurs incroyables, qui ont fait un travail de fou. Il y a monsieur Papot qui a toujours mis les moyens pour ce cheval. Hector de Lageneste et Guillaume Macaire qui forment une équipe magnifique. Et Johnny, on n’en parle même pas parce que Johnny… il forme vraiment un couple avec ce cheval. »
François Pamart (co-entraîneur de Bon Garçon, 2e) - Centre d’entraînement de Royan-La Palmyre (17)
« Bon Garçon court super bien. Charlotte (Prichard, sa jockey) l’a très bien monté. Nous sommes vraiment très contents de sa performance. »
Gabriel Leenders (entraîneur de Gold Tweet, 3e) – Centre d’entraînement de Jarzé (49)
« Merci Gold Tweet ! Ce n’est pas le meilleur cheval, mais il nous a toujours tout donné. Je suis heureux pour mon ami Johnny qui gagne aujourd’hui. En terrain rapide, Gold Tweet aurait peut-être fini plus vite mais il a encore été extraordinaire. Hector de Lageneste et Guillaume Macaire ont fait un travail formidable avec le gagnant. C’est beau ! »
David Cottin (entraîneur de Juntos Ganamos, 4e) – Centre d’entraînement de Chantilly (60)
« Juntos Ganamos a toujours montré qu’il était un très grand cheval, et il le montre encore aujourd’hui. Il a encore accroché un peu le rail ditch, et Quentin Samaria, son jockey, a été très bon. Il l’a mis de l’avant. Je suis fier de lui. Kivala du Berlais (tombé, ndlr) n’a pas couru : on n’est pas battu, il n’a pas couru ! Notre seule consolation, c’est qu’il ne s’est pas fait mal. »
Quentin Samaria (jockey de Juntos Ganamos, 4e)
« C’est un super cheval, un champion. Sa faute au rail ditch nous coûte sans doute un peu cher. Nous n’aurions peut-être pas gagné, mais nous aurions sûrement pu gagner une ou deux places. J’ai eu des sensations incroyables. C’est un crack, un vrai champion dans ce terrain-là. Mener toute la course dans ces conditions, ce n’est pas donné à tout le monde. Je suis très heureux, très ému aussi, et j’ai une pensée pour Philippe Cottin. Après sa grosse faute, j’ai réussi à rester en selle. Cela m’a rappelé David Cottin à l’époque avec Mali Borgia. J’espère surtout que le cheval va bien rentrer mais après la course, il ne soufflait presque pas. »
Hugo Merienne (entraîneur d’In Love, 5e) – Centre d’entraînement de Chantilly (60)
« Je suis très content. C'est un cheval qui est en dessous des meilleurs, mais il donne toujours son cœur sur la piste dans les grands événements, quand il arrive à 100%. Aujourd'hui on est cinquième. Il cale un petit peu après la dernière haie, c'est dommage, mais je suis très content du cheval et il reviendra pour La Haye Jousselin. Je pense qu'il est capable d'accélérer un tout petit peu quand le terrain est plus porteur. En vieillissant, il préfère ça. Mais un terrain lourd comme aujourd'hui, ce n'est pas rédhibitoire pour lui. »