Daryz rend hommage à son propriétaire-éleveur Son Altesse l’Aga Khan

ParisLongchamp – JeuXdi des Champions
Prix Aga Khan IV (Prix d’Ispahan)
Le champion Daryz, lauréat du dernier Qatar Prix de l’Arc de Triomphe en octobre 2025, a ajouté jeudi soir, à ParisLongchamp, un nouveau Groupe 1 – le plus haut niveau de compétition hippique – à son palmarès, en remportant très facilement le Prix Aga Khan IV (Prix d’Ispahan), qui rend désormais hommage à l’éleveur-propriétaire de Daryz, Son Altesse l’Aga Khan, disparu en février 2025.
Après la sortie des boites, c’est l’anglaise Qilin Queen qui a pris les commandes de l’épreuve, assurant un rythme soutenu à l’épreuve. Le palois Leffard la suivait, lui-même filé par Daryz, attentiste en troisième position.
À l’entrée de la ligne droite, Leffard fut le premier à attaquer Qilin Queen, prenant l’avantage, actionné par son pilote Christian Demuro. Mais dans le même temps, le pilote de Daryz, Mickaël Barzalona, décalait son cheval à l’extérieur de Leffard et se rapprochait à sa hauteur sans puiser dans ses réserves. Quand son jockey lui demanda de prononcer son effort, il avait déjà course gagnée et put s’allonger pour creuser l’écart avec Leffard, solide deuxième. La bonne gestion de Mickaël Barzalona, qui a pris tout son temps pour équilibrer son cheval sans l’actionner trop brutalement, a permis à Daryz de ne pas pâtir à la fois du raccourcissement de la distance (2 400 mètres dans l’Arc ; 1 850 mètres jeudi soir, après être passé par les 2 100 mètres du Prix Ganay).
Pour la troisième place, le représentant de l’écurie Wertheimer & Frère, Sosie, subtilise le meilleur sur l’animatrice Quilin Queen dans les dernières foulées.
Le champion de la famille Aga Khan va désormais préparer son grand défi anglais des Prince of Wales’s Stakes (Groupe 1), le 17 juin à Royal Ascot. Il devrait ensuite avoir un break et faire sa rentrée dans le Qatar Prix Foy, le 6 septembre, avant de viser un doublé dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe le 4 octobre – son grand objectif de l’année.
Le résultat technique
PRIX AGA KHAN IV (PRIX D’ISPAHAN)
1er DARYZ (Mickaël Barzalona)
2e LEFFARD (Christian Demuro)
3e SOSIE (Maxime Guyon)
Temps : 1’54’’43. Écarts : 3 1/2 – 4 - Tête.
Les déclarations des entourages
Princesse Zahra Aga Khan, Aga Khan Studs, propriétaire de Daryz (1er), Chantilly (60)
« Il faut mesurer ce qu’on tente avec lui. Passer d’un Arc de Triomphe (2 400 mètres) à un Ganay (2 100 mètres), puis à l’Ispahan sur 1 850 mètres à 4 ans, c’est quelque chose d’assez inédit. C’est un pari, mais son entraîneur Francis-Henri Graffard avait confiance dans le cheval et dans sa capacité à montrer sa vitesse. Enfin, cette journée avait aussi une dimension émotionnelle particulière. La course portait le nom de mon père, qui a énormément apporté aux courses françaises, européennes et irlandaises ainsi qu’à l’élevage. C’est un immense honneur de voir cette reconnaissance aujourd’hui. Et le fait d’avoir un cheval comme lui au départ rendait évidemment ce moment encore plus spécial. »
Francis-Henri Graffard, entraîneur de Daryz (1er), Chantilly (60)
« C’était forcément un soulagement de gagner aujourd’hui. On était dans une situation où le cheval n’avait presque pas le droit de perdre après la rentrée qu’il avait effectuée. Cette course s’inscrivait clairement dans la continuité du programme qu’on avait imaginé pour lui. S’il répétait ce qu’il avait montré auparavant, il devait confirmer. Ce genre de contexte apporte toujours un peu de pression supplémentaire, comme ce qu’on avait vécu à Dubaï avec Calandagan en début d’année. L’idée n’a jamais été de raisonner uniquement en futur étalon. Les courses de 2 400 mètres sont dures, exigeantes, surtout pour un cheval qui accélère aussi longtemps que lui. J’ai toujours préféré le raccourcir plutôt que de poursuivre dans cette voie-là. En dehors de l’Arc, il a surtout couru sur 2 000 mètres et je n’ai jamais douté de sa capacité à suivre le rythme sur 1 850 ou 2 000 mètres. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que le public ait pu voir sa faculté d’accélération, celle qu’il avait déjà montrée dans l’Arc puis dans le Ganay. C’est cela qui fait de lui un cheval spécial. Et surtout, il a très bien passé le cap de 3 ans à 4 ans. Il y a énormément de travail effectué le matin par toute l’équipe pour qu’il reste concentré sur son métier. En revanche, ce qui est certain, c’est qu’on ne pourra pas lui demander ça toute l’année. À un moment, il faudra lui accorder un break, probablement durant l’été, surtout si le printemps se déroule comme prévu. On sait aussi qu’il apprécie l’automne et qu’il pourrait encore être très performant à cette période-là. Il faudra donc être raisonnable pour lui permettre de revenir frais ensuite. »
Nemone Routh, racing manager France des Aga Khan Studs, propriétaire de Daryz (1er), Chantilly (60)
« Il fait ça très facilement. Mickaël nous a dit qu'il était même très maniable aujourd'hui. La première fois dans le Ganay, dans les chevaux, il était un tout petit peu plus allant. Là, il était très relax et quand il a demandé d'accélérer, il le fait facilement. C'est la première fois qu'il court sur cette distance, mais c'est un cheval qui suit n'importe quel train. Nous n'avions pas peur de la distance parce que nous savons que la vitesse et le changement de vitesse sont là. Il prend vraiment de la maturité et il se pose dans ses courses, ce qui est bien pour la suite, parce que nous allons aller en Angleterre dans les Prince of Wales’s Stakes, le mercredi de Royal Ascot. Il faut donc qu'il soit bien dans sa tête et qu'il soit maniable. Il va avoir des vrais combats pour le reste de l'année. Concernant le terrain, il va dans tout, dans le rapide, dans le souple. Franchement, ça ne le dérange pas. »
Mickaël Barzalona, jockey de Daryz (1er), Chantilly (60)
« C’est le genre de cheval qu’on rêve de monter. C’est une force de la nature avec un énorme moteur. On était vraiment très libres dans notre façon de le monter. On ne s’attendait pas à ce que quiconque fasse le tempo, même si nous pensions que l’anglaise allait aller devant. Mais on était d’accord sur le fait que je mène les débats en cas de besoin. C’est la preuve que l’on avait énormément de confiance en notre cheval. Et aujourd’hui, il gagne sur cette distance avec une grande facilité. À 300 mètres du but, je lui demande juste de se concentrer car je vois l’ombre arriver. Surtout qu’il m’a fait deux fautes avant d’aller au départ. Mais sinon, il le fait extrêmement facilement. Il fait ce qu’on lui demande de faire. C’est un cheval qui nous l’a déjà montré l’année dernière dans l’Arc. C’est un pur-sang de très haut niveau. Sa victoire du jour est de bon augure pour lui. J’espère qu’il pourra continuer à prouver que c’est lui le meilleur sur la piste. C’est un immense privilège de pouvoir remporter cette course qui porte le nom de Son Altesse l’Aga Khan. »
Jean-René Dubosc, assistant de Jean-Claude Rouget, entraîneur de Leffard (2e), Pau (64)
« C’est parfait, nous sommes très contents. Leffard est battu par un extraterrestre. Le jockey est très content, les propriétaires sont très satisfaits, et c’est le principal. Le cheval fait sa performance, donc il n’y a rien à dire. Pour la suite, on va voir avec l’entourage. Il pourrait être dirigé vers le Grand Prix de Saint-Cloud, mais il faut encore en discuter avec ses propriétaires. »
Pierre-Yves Bureau, racing manager de l’écurie Wertheimer & Frère, propriétaire de Sosie (3e), Chantilly (60)
« Le rythme a été très soutenu aujourd’hui, peut-être même un peu trop rapide. Il a eu du mal à suivre dans un premier temps, mais lorsqu’il s’est bien ressaisi, il a finalement produit une fin de course assez plaisante. Il faut aussi rappeler que ce n’était pas du tout le même lot que l’an dernier. Là, nous étions face à de vrais chevaux de Groupe 1. Dans ce contexte, sa performance reste intéressante et cette course va clairement lui faire du bien pour la suite. Il revient également d’un déplacement à Hongkong, donc il avait besoin de reprendre le rythme. Il a encore toute une saison devant lui et devrait probablement revenir sur 2.400 mètres à moyen terme. »