183ème Qatar Prix du Jockey Club : Ace Impact s'impose dans un chrono-record

4 juin 2023

Jockey Club 23 Trophées

Photo scoopdyga.com

Dimanche 4 juin 2023, Hippodrome de Chantilly (Oise). - L’entraîneur basé à Deauville (Calvados) Jean-Claude Rouget a remporté dimanche à Chantilly un sixième Qatar Prix du Jockey Club (Gr1), grâce au poulain Ace Impact, un poulain appartenant à Serge Stempniak monté par Cristian Demuro. Le lauréat se présentait invaincu en trois courses. Il s’est imposé en champion, établissant le nouveau chrono record de la course en 2'02''63, soit près de 3 dixièmes de mieux que son compagnon d'entraînement Sottsass en 2019.

Monté patiemment, il est venu chercher le favori et animateur Big Rock (Rock of Gibraltar), qui avait fait le trou dès la sortie du tournant final, et l’a laissé à trois longueurs et demie. Marhaba Ya Sanafi (Muhaarar), le lauréat de l’Emirates Poule d’Essai des Poulains, a pris  la troisième place devant l'autre favori de la course, Feed the Flame (Kingman), qui n'a pas accéléré de façon décisive dans la dernière ligne droite.

Ace Impact a débuté à Cagnes-sur-Mer cet hiver, où il s'est imposé sur 2 000 mètres de PSF avant de confirmer sur le gazon de Bordeaux. Il a ensuite gagné sur cette même piste de Chantilly à l'occasion du Prix de Suresnes (L).

Ace Impact est né en Irlande mais il a été élevé en France par Mme Waltraut Spanner. Jean-Claude Rouget l'a acheté 75 000 € aux ventes de Deauville, yearling, où il était présenté par le Domaine de l'Étang d'Élise Drouet. Sa sœur par Nathaniel, gagnante d'une course, nommée Adlon Rose, a été adjugée 10 000 €, sortant de l'entraînement, à l'écurie Un Crin d'Or, en décembre 21 à Deauville. Son frère par Gleneagles est né en 2021.

 

Les réactions

Jean-Claude Rouget (entraîneur d’Ace Impact, 1er, Padishakh, 7e, et Rajapour, 10e) - Deauville (Calvados)

« Nous aimons Ace Impact depuis toujours. L'an dernier, il était à Pau et il est monté sur notre écurie d’entrainement à Deauville dans l'idée de débuter dans le Prix de Crèvecoeur. Mais, de tous mes chevaux, il était le seul à avoir un poil d'hiver en plein été ! Je l'appelle Monsieur Sans Souci et c'est le cas. Je n'ai jamais eu aucun problème avec lui, si ce n'est qu'il a réussi à avoir un poil d'hiver en plein été ! Nous lui avons donc laissé tout le temps nécessaire. Il a débuté à 3ans, à Cagnes-sur-Mer. Ce jour-là, j'ai vu quelque chose... Il battait Axiome, un poulain qui était absolument splendide et il a fait une ligne droite comme aujourd'hui ! Sauf qu’aujourd'hui, il le fait face à Big Rock. Nous le pensions bon mais il fallait qu'il le prouve. Et il est un très bon poulain. 

Il a le profil pour le Qatar Prix de l'Arc de Triomphe. Il a le modèle et l'action. Je le préfère en bon terrain comme tous les bons chevaux et il lui faudrait être capable de faire comme Sottsass, qui était capable de gagner en terrain rapide comme en terrain lourd. Il y a des courses avant l'Arc et le programme n'est pas encore établi mais, évidemment, nous sommes tentés.

Je crois qu'avoir trois courses comme expérience pour courir le Qatar Prix du Jockey Club, c'est très bien. Deux courses, c'est un peu juste. Quand Sottsass a couru le Qatar Prix du Jockey Club, je n'y croyais pas en raison du terrain et il nous avait estomaqués ; comme Ace Impact aujourd'hui. Sottsass était exceptionnel, capable de gagner sur tous les terrains. Ace Impact prouve qu'il est très bon aujourd'hui. Il est engagé dans les Eclipse Stakes (en Angleterre) mais nous réfléchirons pour la suite. Et je suis très content de voir la casaque d'un propriétaire français s'imposer.

Rajapour et Padishakh sont certainement limités en distance et ont été brillants. Nous les reverrons sur plus court. » 

Serge Stempniak (propriétaire d’Ace Impact, 1er)

« À l'entrée de la ligne droite, je le vois avant-dernier, avec Big Rock en tête, qui est un vrai rouleau compresseur... Quand son jockey Cristian Demuro a déboité, le poulain a été juste impressionnant ! Il s'impose et – en plus ! – de loin. Avant le coup, je pensais aujourd'hui que nous luttions pour la troisième place. Il y avait Big Rock, mais aussi Feed the Flame, qui était plus difficile à juger car il a peu couru.

Je suis impressionné par son attitude... Nous avons voulu lui mettre un bonnet rouge mais, en deux coups de tête, il nous a fait comprendre qu'il n'en avait pas besoin. Après la course, il retourne aux écuries très calmement, il sait qu'il a fait le travail, sa journée est finie...

J'ai commencé à avoir des chevaux au début des années 2000, avec des chevaux à réclamer. De fil en aiguille, nous en sommes arrivés là mais je n'aurais jamais pu imaginer cela. Jean-Claude Rouget ne m'a pas dit grand-chose avant la course. C'est un homme qui parle peu. Il a juste dit qu'il était confiant... »

Cristian Demuro (jockey d’Ace Impact, 1er)

« Je ne voulais pas le mettre dans le rouge en partant, car la course est partie un peu vite pour lui. Dans la ligne droite, j’avais Rajapour à ma droite et Feed the Flame à ma gauche. J’ai décidé de suivre Feed the Flame, pensant qu’il m’emmènerait loin. J’ai dominé toute la ligne droite. Quand je l’ai déboité, il est allé vraiment très vite. »

Christopher Head (entraîneur de Big Rock, 2e) - Chantilly (Oise)

« Big Rock est tombé sur un os aujourd'hui. Mais il a fait sa course car sa performance est vraiment très bonne. Ace Impact a l'air largement meilleur que Big Rock : il a réalisé quelque chose d'exceptionnel. Pourtant, avec le rythme que nous avions imposé durant le parcours, la barre était assez haute. Toutefois, je suis très content de Big Rock. »

Andreas Schutz (entraîneur de Marhaba Ya Sanafi, 3e) - Chantilly (Oise)

« J’étais très content de l’état de forme du poulain, malheureusement, la course ne s’est pas déroulée comme nous l’avions prévu. Nous pensions qu’il se serait retrouvé plus près de la tête. Dans le peloton, il s’est montré un peu timide, mais quand il a eu l’ouverture, il a très bien accéléré. Il a déjà remporté la course que nous avions visée, l’Emirates Poule d’Essai des Poulains, et cette troisième place dans le Qatar Prix du Jockey Club, c’est du bonus. »

Pascal Bary (entraîneur de Feed the Flame, 4e) - Chantilly (Oise)

« Feed The Flame a manqué un peu de maturité et de compétition. C'est un poulain qui a encore besoin d'apprendre. Lorsqu'il s'est rapproché dans la ligne droite, il a vraiment bien accéléré. Mais quand Christophe Soumillon lui a demandé d'accélérer encore plus fort, il nous a peut-être montré que la piste était un peu trop rapide pour lui. Je pense aussi que les deux premiers sont meilleurs que lui. Il sera mieux sur une piste un peu plus souple. Feed The Flame va continuer d’apprendre son métier. Ace Impact a été impressionnant. Nous allons voir demain comment le cheval rentre, mais le Grand Prix de Paris est une possibilité pour Feed The Flame. »

John Gosden (entraîneur d’Epitectus, 5e) - Grande-Bretagne

« Il a eu un bon parcours et a bien accéléré. Il a longtemps fait illusion pour la troisième place et n'a cédé que tout à la fin. C'est une bonne performance. »