QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE - Le Français Daryz entre dans l’histoire
WEEK-END DU QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE
QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE
Le Français Daryz entre dans l’histoire

Le français Daryz, entraîné à Chantilly par Francis-Henri Graffard, a réalisé un authentique exploit en remportant pour la deuxième année consécutive le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Il faut remonter à Alleged, en 1977 et 1978, pour retrouver un mâle ayant réussi le doublé dans l’épreuve. Depuis, seules les championnes Trêve et Enable étaient parvenues à remporter deux éditions de suite de l’Arc.
Dimanche à ParisLongchamp, Daryz a longtemps patienté plutôt dans la dernière partie du peloton avant d’être décalé dans la ligne droite par son jockey Mickaël Barzalona. Lancé tout à l’extérieur, il avait encore de nombreuses longueurs à refaire sur l’anglais Bay City Roller, dont le jockey, Oisin Murphy, avait très habilement effacé son numéro à l’extérieur – le 15 dans les boîtes de départ – en avançant droit devant lui, tout à l’extérieur du peloton, avant de se rabattre une fois arrivé près de la tête. Mais Daryz possède une accélération hors du commun. Et à trois cents mètres du poteau, il a d’abord pris la mesure de l’irlandaise Diamond Necklace, elle aussi désavantagée par son numéro à la corde (le 16)… mais, un peu comme avec Bay City Roller, le jockey de Diamond Necklace, Christophe Soumillon, a réussi à compenser cette mauvaise position en grignotant tout doucement des rangs dans le parcours.
Puis Daryz a attaqué Bay City Roller et en a facilement pris la mesure.
Avec neuf succès dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, la famille Aga Khan bat son propre record de victoires dans l’épreuve. Elle s’est imposée en 1948 et 1952 avec S.A. Aga Khan III, en 1959 avec Ali Khan, fils de l’Aga Khan III, puis en 1982, 2000, 2003 et 2008 avec S.A. Aga Khan IV, fils d’Ali Khan. Les Aga Khan Studs, animés par la princesse Zahra Aga Khan, fille de S.A. Aga Khan IV, ont ajouté deux nouvelles victoires à ce palmarès en 2025 et 2026 grâce à Daryz.
Le résultat technique
QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE
1er DARYZ (M. Barzalona)
2e BAY CITY ROLLER (O. Murphy)
3e DIAMOND NECKLACE (C. Soumillon)
4e FRIENDLY SOUL (J.-W. Doyle)
5e KALPANA (C. Keane)
Temps : 2’27’’11. Écarts : 1 1/4 – ENCOLURE – COURTE ENCOLURE – 2.
Les déclarations des entourages
Francis-Henri Graffard, entraîneur de Daryz (1er), Chantilly (Oise)
« Déjà l'année dernière, j'avais réalisé à quel point cette course était incroyable. Il y a tellement d'émotion quand les chevaux rentrent dans la ligne droite. Cette année, on abordait la course avec un statut totalement différent et c'est vrai qu'on avait une certaine pression. J'avais beaucoup de poids sur mes épaules quand les chevaux rentraient dans les boîtes. C'est vraiment difficile : notre travail, c'est d'amener les chevaux au top le jour J, mais la course reste quand même soumise aux aléas qui décident du destin. Et tout s'est très bien passé.
Mais ensuite, dans une course, il y a toujours une part de hasard qui décide du sort. Et tout s’est très bien passé. Quand j’ai vu que mon cheval avait un bon dos, qu’il pouvait accélérer dans la ligne droite, j’ai commencé à être de plus en plus confiant. Et après… c’est tout simplement un immense champion. C’était magnifique à regarder. J’espère que tous ceux qui suivent les courses dans le monde entier ont apprécié ce moment, parce que c’était magnifique de voir un champion comme lui gagner une course comme celle-là.
J’ai la chance de faire un métier qui crée de l’émotion. Nous le vivons pleinement et toute ma famille est ici. Je suis tellement heureux pour la famille Aga Khan et pour leur élevage. C’est un élevage formidable. »
Princesse Zahra Aga Khan (Aga Khan Studs), propriétaire de Daryz (1er)
« C’est toujours très émotionnel, le jour de l’Arc. C’est difficile de ne pas être prise par l’émotion, par l’atmosphère, par le public qui réagit aux chevaux. L’année dernière a été difficile avec la disparition de mon papa. Il aurait été tellement fier de notre victoire de l’an dernier… Et cette année encore, je pense qu’il aurait été fier. En haut de la montée, je dois dire que j’étais un peu inquiète. Mais je me suis habituée au style de monte de Mickaël et je sais qu’il connaît son cheval. Il va à l’entraînement le matin, il connaît très bien ses chevaux et il sait donc quelles ressources possède son cheval. Je pense que nous avons raison de lui faire confiance.
Daryz a fait ses preuves et je crois qu’en tant qu’éleveur, je préférerais le voir sagement à la maison pour sa future carrière d’étalon plutôt que de courir l’an prochain. »
Nemone Routh, racing manager des Aga Khan Studs, propriétaire de Daryz (1er)
« L'an dernier, j'avais explosé de joie après la course. Là, j'étais vraiment stressée, parce que cette année, on était favoris et vraiment, on ne se voyait pas perdre, sinon on aurait vraiment été déçus... Pendant la course, ça n'a pas été si facile que cela : il s'est retrouvé assez loin, ils ne sont pas allés très vite, il fallait qu'il sorte. Miraculeusement, il est sorti à l'extérieur et a trouvé le chemin avec Diamond Necklace. Au moment où il a pu s'exprimer, je savais que l'on allait voir le grand Daryz et que l’on allait gagner ! Il est vraiment incroyable... Hier, avant la course, la princesse voulait vraiment le rentrer au haras l'an prochain. On doit évidemment en reparler cette semaine tous ensemble, mais nous sommes des éleveurs, et le but, c'est de rentrer des étalons, et à 4 ans, de rentrer des juments au haras. C'était déjà un défi de garder Daryz à l'entraînement cette année, et on l'a plutôt réussi. »
George Scott, entraîneur de Bay City Roller (2e), Angleterre
« Il a livré une performance incroyable, une course énorme. Est-ce que j’étais nerveux en voyant Bay City Roller devant ? Pas vraiment. Est-ce qu’une partie de moi pensait qu’il pouvait aller au bout ? Non, parce que je voyais les autres revenir. Mais quelle performance ! Quelle monte extraordinaire et quel cheval de course exceptionnel ! Il donne absolument tout. Il a énormément de cœur, mais aussi toutes les qualités et tout le talent qui vont avec. Tout le monde semble vouloir le cataloguer comme un cheval de terrain lourd, mais ce n’est clairement pas le cas. Je pense même que ce terrain l’aide. Il devrait probablement rester à l’entraînement et revenir ici l’année prochaine. »
Aidan O’Brien, entraîneur de Diamond Necklace (3e), de Benvenuto Cellini (9e) et de Minnie Hauk (10e), Irlande
« Diamond Necklace a bien couru. Nous savons depuis longtemps que c’est une bonne pouliche et elle a réalisé une très belle performance. Je ne pense pas que l’on puisse dire qu’elle n’a pas tenu la distance.
Ryan [Moore] s’est un peu fait piéger avec Benvenuto Cellini. Il a simplement dit qu’il aurait peut-être fallu un rythme plus soutenu.
William [Buick] a dit la même chose concernant Minnie Hauk : il s’est retrouvé enfermé et pensait que le rythme n’avait vraiment pas été assez soutenu pour elle. »
Thady Gosden, co-entraîneur de Friendly Soul (4e), Angleterre
« Nous avions marché la piste pour voir où il fallait venir et la course s’est déroulée comme nous l’avions prévu. Friendly Soul a très bien couru. Pour la suite, il est possible qu’elle aille sur la Breeders’ Cup Filly and Mare Turf (Groupe 1) à Keeneland. Son propriétaire-éleveur étant américain, c’est un objectif qui a du sens. Elle tient 2 400 mètres, mais elle est également très performante sur 2 000 mètres. »
Andrew Balding, entraîneur de Kalpana (5e), Angleterre
« Kalpana s’est retrouvée un peu plus loin de la tête que prévu et a dû chercher son chemin dans l’open stretch. Elle a néanmoins tracé un parcours correct et a assez bien terminé. Je pense que sa dernière victoire dans les Yorkshire Oaks (Groupe 1) lui a coûté un peu plus que nous ne l’imaginions, mais je juge sa course assez bonne. Elle se dirige vers les British Fillies & Mares Stakes (Groupe 1) et peut achever sa carrière sur une autre bonne performance. »