Les deux chevaux japonais Admire Terra et Meisho Tabaru ont choisi de courir l’Arc sans préparatoire

QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE
Les deux chevaux japonais
Admire Terra et Meisho Tabaru
ont choisi de courir l’Arc sans préparatoire
Le Japon, grande nation hippique internationale, a pour ambition de gagner le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, une épreuve de premier plan qu’aucun cheval de ce pays n’a pour l’instant remportée.
Gagnant du Hanshin Daishoten (Groupe 2), Admire Terra sera l’un des deux pur-sang japonais au départ du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe dimanche. Son entraîneur Yasuo Tomomichi participe pour la troisième fois à l’épreuve (après Makahiki, 14e en 2016 et Do Deuce, 19e en 2022). Arrivé en France environ trois semaines avant la course, Admire Terra sera associé à Cristian Demuro, double vainqueur de l’Arc (Sottsass en 2020 et Ace Impact en 2023), qui l’a découvert lors d’un galop d’entraînement à ParisLongchamp.

Autre concurrent japonais, Meisho Tabaru arrive dans l’Arc avec un projet mûri par son entourage depuis sa victoire dans le Takarazuka Kinen (Groupe 1). Son entraîneur Mamoru Ishibashi (comme son confrère Yasuo Tomomichi avec Admire Terra) a choisi de le présenter directement dans l’épreuve, sans course préparatoire en France. Ce sera aussi le premier partant de Mamoru Ishibashi en France. Il sera monté par Yutaka Take, véritable légende vivante du galop international, qui s’apprête à disputer son douzième Arc et fête cette année sa quarantième année de carrière. Yutaka Take est monté sur le podium de l’Arc en 2001, avec Sagacity, qui appartenait à Jean-Luc Lagardère.
Organisateur du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, France Galop a convié les journalistes à la conférence de presse des entraîneurs japonais. Voici leurs principales déclarations :
PARTIE 1 : ADMIRE TERRA
Trois semaines en France et une préparation jugée réussie
[Yasuo Tomomichi, entraîneur d’Admire Terra]
« Cela fait environ trois semaines qu’Admire Terra est arrivé en France. Grâce à l’aide de France Galop, de toute l’équipe sur place et de Satoshi Kobayashi [entraîneur japonais installé à Chantilly, ndlr], nous avons pu effectuer une très bonne préparation.
Je suis arrivé avant-hier [lundi, ndlr] et, lorsque j’ai revu Admire Terra, j’ai retrouvé exactement le même cheval qu’au Japon. Il est aussi calme et son comportement n’a pas changé. Pour moi, cela signifie que la préparation s’est très bien déroulée.
Nous avons effectué un travail léger ce matin avec un cheval de Satoshi Kobayashi. Admire Terra est en très bonne condition et nous sommes prêts pour la course. »
Une troisième tentative dans l’Arc pour Yasuo Tomomichi
« C’est ma troisième participation au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Lors de mes deux précédentes tentatives, j’avais amené deux chevaux de très grande qualité depuis le Japon. Ces deux expériences m’ont beaucoup appris. Elles m’ont notamment conduit à rechercher cette fois un cheval qui puisse vraiment s’adapter au terrain français, car courir en France est difficile. »
Pourquoi Admire Terra ?
« Cette année, nous avons vraiment cherché un cheval susceptible de mieux s’adapter à Longchamp. Parmi les chevaux dont nous disposions, Admire Terra nous a semblé être le meilleur candidat. Je pense qu’il possède les qualités nécessaires pour s’adapter, notamment grâce à son action et à sa tenue. Nous avons évidemment obtenu l’accord de la propriétaire et c’est un défi que nous relevons avec toute l’équipe.
Lors de mes deux premières tentatives dans l’Arc, j’étais venu avec des chevaux très en vue au Japon. Mais cette fois, Admire Terra possède davantage d’expérience. Ce sont sa puissance, son expérience et surtout sa capacité d’adaptation qui comptent. »
Pourquoi ne pas courir de préparatoire en France ?
« Lors de mes deux précédentes participations, les chevaux avaient disputé une course préparatoire en France. Ces expériences m’ont fait comprendre qu’il était assez difficile de venir en France, de courir une préparatoire puis de préparer ensuite l’Arc dans de bonnes conditions.
Cette fois, nous avons donc changé notre manière de faire. Admire Terra a poursuivi sa préparation au Japon avant de passer ses trois dernières semaines en France. C’est une différence importante par rapport à mes deux précédentes tentatives. »
L’objectif du galop effectué à Longchamp le 22 septembre
« Il était important pour moi que le cheval découvre la piste de Longchamp avant l’Arc. Cristian ne l’avait encore jamais monté. C’était donc également l’occasion pour le cheval et son jockey de faire connaissance.
Je voulais voir comment Admire Terra allait se comporter sur la piste de Longchamp et comment Cristian allait le sentir dans ces conditions. Ce galop était important, à la fois pour que le cheval découvre la piste et pour que Cristian puisse apprendre à le connaître. »
Pourquoi Cristian Demuro ?
« Cristian Demuro est l’un des meilleurs jockeys en France. Il monte ici depuis longtemps et il a déjà gagné beaucoup de grandes courses. Il a surtout remporté deux fois le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Il sait comment gagner cette course. C’est pour cela que j’ai confiance en lui. »
Ce que représenterait une première victoire japonaise
« Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe est une course qui me fait rêver. Aucun cheval japonais ne l’a encore gagnée. C’est une course très particulière pour tous les Japonais. Si je pouvais être le premier entraîneur japonais à la gagner - avec un cheval japonais - ce serait un rêve qui deviendrait réalité. »
Les premières sensations de Cristian Demuro avec Admire Terra
[Cristian Demuro, jockey d’Admire Terra]
« Je l’ai monté pour la première fois à Longchamp. J’ai tout de suite eu une bonne impression. Il avait une bonne attitude sur la piste et beaucoup d’équilibre. Lorsque je lui ai demandé d’accélérer, il a répondu à mes sollicitations et il a continué jusqu’au bout. J’ai trouvé qu’il se déplaçait bien.
Je l’ai retrouvé ensuite sur la piste des Réservoirs à Chantilly et j’ai trouvé qu’il avait encore beaucoup progressé. Mardi matin, j’ai eu le sentiment que sa condition s’était encore améliorée. Je l’ai trouvé au mieux. Je trouve qu’il est au sommet de sa forme. Je ne pense pas qu’on puisse l’avoir beaucoup mieux que cela. J’espère maintenant que tout se passera bien dimanche. »
Les différences entre les pistes japonaises et Longchamp
« Tout d’abord, ce ne sont pas les mêmes pistes. Au Japon, les pistes sont plutôt plates et les terrains sont généralement assez rapides. Lorsqu’un cheval japonais arrive ici, cela change beaucoup de choses dans sa manière de se déplacer. Longchamp est particulièrement difficile parce que la piste monte et descend. C’est complètement différent de ce que l’on rencontre généralement au Japon.
Au Japon, les terrains sont vraiment très rapides. Les chevaux japonais peuvent donc avoir besoin d’un temps d’adaptation lorsqu’ils viennent courir ici. À cette époque de l’année, le terrain peut aussi être beaucoup plus souple qu’au Japon. C’est une autre différence importante.
Même lorsque l’on parle de bon terrain, il existe encore une différence entre un bon terrain en France et un bon terrain au Japon. Un terrain considéré comme bon ici ne correspond pas forcément à ce que nous appellerions un bon terrain au Japon.
Malgré ces différences, je ne pense pas qu’il y ait de problème pour Admire Terra. Je pense qu’il peut très bien s’adapter à cette piste. C’est aussi un cheval qui possède de la vitesse et qui est capable d’accélérer rapidement. »
PARTIE 2 : MEISHO TABARU
Meisho Tabaru : un projet Arc né après le Takarazuka Kinen
[Mamoru Ishibashi, entraîneur de Meisho Tabaru]
« Le projet a commencé l’année dernière, en 2025, lorsque le cheval a remporté le Takarazuka Kinen. Avec le propriétaire, nous avions décidé que le cheval resterait au Japon pour les courses de l’automne 2025. Mais nous nous étions également dit que, l’année suivante, si tout se passait bien, nous pourrions relever le défi de l’Arc. Nous avons suivi ce programme et c’est pour cela que nous sommes ici aujourd’hui. »
Pourquoi courir directement l’Arc après sa victoire le 14 juin dans le Takarazuka Kinen ?
« Meisho Tabaru a souvent eu beaucoup de temps entre ses courses. Nous avons réfléchi à la question et nous en avons beaucoup discuté. Nous avons même envisagé de courir une préparatoire. Mais, finalement, nous avons estimé qu’il n’y avait pas de problème à participer directement au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe après le Takarazuka Kinen. Je ne pense donc pas que ce soit un problème. »
Son état et son adaptation en France
« La semaine dernière, lorsqu’il a découvert la piste de Longchamp, je n’étais pas totalement satisfait de ce que j’avais vu sur les images. Je n’avais pas retrouvé exactement le cheval que je voulais voir. C’est pour cela que, depuis quelques jours, nous avons essayé de modifier certaines choses dans son travail. Rien que cela m’a permis de voir le cheval devenir un peu plus sérieux. Aujourd’hui, j’ai eu le sentiment qu’il s’était davantage habitué à son environnement. Je trouve qu’il va bien.
Ce matin, il a travaillé et j’ai trouvé qu’il était déjà davantage en mode compétition. Il était plus allant et plus concentré. »
La pression avant une première participation à l’Arc
« Comme vous le dites, le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe est l’une des plus grandes courses au monde. Pour être honnête, je n’aurais jamais imaginé pouvoir me retrouver un jour ici dans cette situation. Aujourd’hui, je ressens beaucoup de pression.
C’est une course prestigieuse et, sur un plan personnel, c’est aussi très enthousiasmant de pouvoir y participer. »
L’émotion liée à l’équipe et au propriétaire
« Le propriétaire est décédé l’année dernière. Le fait que nous puissions être ici aujourd’hui, en poursuivant les défis qu’il avait entrepris, est très important pour nous.
Avec Yutaka, que je connais depuis très longtemps, et les autres membres de l’équipe, nous travaillons ensemble depuis de nombreuses années. Pouvoir participer au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe avec cette équipe me touche énormément.
Rien n’est impossible. »
Les sensations de Yutaka Take avec Meisho Tabaru
[Yutaka Take, jockey de Meisho Tabaru]
« Je l’ai monté ce matin. Comme M. Ishibashi l’a expliqué, j’ai senti que le cheval était encore un peu lourd. Mais il s’est montré plus puissant que je ne le pensais. J’ai eu une bonne impression.
Nous avions beaucoup discuté avec l’entraîneur après avoir vu les images de son travail de la semaine dernière. Le fait de le monter à l’entraînement aujourd’hui était important. Je l’ai trouvé beaucoup plus allant. Il était déjà en mode compétition. »
Quelle tactique dans l’Arc ?
« Lors de ses précédentes courses, il a obtenu de bons résultats en allant devant, mais aussi dans d’autres configurations. Avant une course, on ne sait jamais exactement ce qui va se passer.
Je ne pense pas que ce sera une course facile, donc j’envisage plusieurs scénarios. Il a l’habitude d’aller devant et il a obtenu de bons résultats de cette manière. L’idée de départ peut donc être de le laisser aller devant comme d’habitude. Mais, dans une course, beaucoup de choses peuvent se produire et il faudra savoir s’adapter.
Je sais que ce ne sera pas facile. Nous allons faire de notre mieux. »
Une douzième participation au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe
« Ce sera ma douzième participation au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. C’est une course très spéciale. Jusqu’à présent, je n’y ai pas obtenu les résultats que j’espérais, mais j’ai toujours eu envie de revenir. Je suis très heureux d’avoir une nouvelle fois cette opportunité.
Cette année marque ma quarantième année de carrière. Cela fait quarante ans que je fais ce que j’aime.
Pour moi, c’est vraiment un effort quotidien. Rien ne change. Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe est aussi l’une de mes motivations. Cette course me donne envie de continuer ma carrière. »