Historique du Prix Georges Courtois : Le dernier combat

22 novembre 2019

Historique du Prix Georges Courtois : Le dernier combat

Photo scoopdyga.com

Novembre, Auteuil

Prix Georges Courtois

 

Groupe 2, 5ans et au-dessus, Steeple-Chase, 4 400 mètres, 220 000 €

Créé en 1946 (Prix d'Angers)

Tenant du titre : Roxinela (f6 par Muhtathir et Grivette, par Antarctique), appartenant à Gheorghe Codre, élevée par Gheorghe Codre, entraînée par François-Marie Cottin, montée par Régis Schmidlin.

La course se déroule en 2020 pour la 72ème fois

L'édition 2019

Aucun des quatre premiers du Prix La Haye Jousselin (Gr1) ne prenait part au Prix Georges Courtois (Gr2), dernier grand rendez-vous de l’année sur le steeple parisien disputé dimanche à Auteuil. La lauréate de la course est pourtant la cinquième ce jour-là, Roxinela (Muhtathir), qui a réussi à prendre une courte tête au favori, l’animateur Edgeoy (Saddler Maker), âgé de 5 ans et certainement promis à un bel avenir sur les « gros » d’Auteuil. Élevé par Thierry Cyprès et Jean-François Naudin, Edgeoy représente l’association de Jacques Détré, François Seigneur, Edward Walsh, Olivier Rauscent et Thierry Cyprès. Il venait de battre Ebonite dans le Prix Héros XII (Gr3) avant qu’elle ne fasse galoper Bipolaire dans le « La Haye Jousselin »…

Troisième dimanche, Jubilatoire (König Turf) a fini honorablement à trois longueurs devant Dalahast (Ballingarry), qui a longtemps galopé en tête.

Roxinela n’avait pas gagné depuis juin 2018 mais la jument de 6 ans, entraînée par François-Marie Cottin pour son éleveur Gheorghe Codre, a terminé quatrième du Zeturf Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) et cinquième, donc, du Prix La Haye Jousselin. Le Prix Georges Courtois est son premier succès au niveau Groupe.

Sa mère Grivette (Antarctique), également élevée par Gheorghe Codre mais exploitée en course sous les couleurs de Jean-Paul Sénéchal, a gagné le Prix Alain du Breil (Gr1) 2008 sur les haies d’Auteuil, à 4 ans en battant deux monstres sacrés de l’obstacle irlandais, Hurricane Fly et Quevega, multiples gagnants de Groupe 1 outre-Manche après avoir débuté leur carrière dans leur pays natal.

Grivette a terminé sa carrière en mars de son année de 5 ans après 21 sorties dont onze victoires et plus de 570 000 € de gains. Au haras, elle a donné quatre produits, dont La Mollière (Turgeon), gagnante à Enghien. Roxinela est son dernier produit à ce jour.

Historique

La course a été baptisée ainsi en 1956 au lieu de Prix d’Angers pour commémorer le souvenir de Georges Courtois (décédé en mai 1955), membre du comité de la Société des Steeple-Chases de France. Le Prix d’Angers avait été créé en 1946 à l’occasion de la réorganisation du programme d’Auteuil après la Seconde Guerre mondiale. Il était alors couru lors de la dernière réunion dominicale de l’hippodrome qui clôturait sa saison à la mi-décembre. Du fait de l’annulation de la réunion pour cause d’intempéries, le Prix Georges Courtois n’a pas été couru trois années consécutives, 1967, 1968 et 1969. Sa distance a souvent varié de 3 500 mètres à 4 500 mètres. Elle est de 4 400 mètres depuis 1971.

Georges Courtois (1887-1955)

A l’origine officier de cavalerie, Georges Courtois monta en courses, notamment à Vincennes (dans des courses de demi-sang) et à Auteuil dans les années dix. Il quitta l’armée après la Première Guerre mondiale pour se consacrer à l’industrie. Elu au comité de la Société des Steeple-Chases de France le 30 juin 1941, il entra au conseil d’administration le 26 décembre suivant et fut nommé simultanément commissaire adjoint, fonction exercée à part entière du 17 décembre 1947 au 31 décembre 1951. Il fut aussi membre des commissions du code et du programme où il ne manquait pas de soutenir les intérêts des propriétaires. De ce fait il fut durant une quinzaine d’années l’un des membres les plus influents de la Société des Steeples.

Membre fondateur du Club des Gentlemen-Riders en 1922, Georges Courtois participa régulièrement aux courses d’amateurs jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Après celle-ci, il remplaça la selle par le sulky et on le vit parfois driver un de ses chevaux dans une course d’amateurs. C’est ainsi que peu après avoir drivé le 1er mai 1955 à Fontainebleau, il mourut subitement cinq jours plus tard. Rendant hommage à sa mémoire devant le comité le 27 mai 1955, le comte Delaire de Cambacérès avait déclaré : « C’est surtout durant les sombres années de l’occupation qu’il s’est dépensé sans tenir compte de sa peine et même des risques qu’il courait pour aboutir au maintien des courses et obtenir des occupants, en compagnie du comte Hocquart de Turtot et de moi-même, les autorisations et le soutien indispensable. » Georges Courtois s’était penché sur l’état des pistes d’Auteuil. Selon les conseils de son ingénieur agronome, les tondeuses avaient remplacé les faucheuses et les méthodes d’entretien des pistes (terrain argileux reposant sur des nappes d’eau) avaient été transformées. A noter que c’est une société de Georges Courtois, Vialit, qui effectua les travaux de revêtement en tarmac sur les sols de l’hippodrome de 1945 à 1954. Georges Courtois fut nommé en 1954 président du Club des Gentlemen-Riders et président de la FEGENTRI peu de temps avant sa mort. Dans les années 40, il s’était rendu acquéreur des deux organismes de ventes aux enchères, le Tattersall français et l’Etablissement Chéri qu’il avait réunis.

Dans ses deux haras, Joyenval (Yvelines) et Les Haies (Eure-et-Loir), Georges Courtois éleva d’excellents chevaux pour les deux spécialités. La plupart étaient issus de ses propres étalons qu’il choisissait plus en fonction de leur pedigree que pour leurs performances. Tels furent Sir Nigel, et ses trois fils Sirtam, Sirlan et Sir Fellah, ainsi que Troon et Eblé. C’est avec eux que Georges Courtois établit un élevage dont les rejetons remportèrent de multiples succès, décrochant pêle-mêle une Poule d’Essai des Pouliches (Pomaré en 1952), deux Grands Steeples (Tournay en 1952, Sidéré en 1958), une Grande Course de Haies (Sicié en 1954), un Prix du Cadran (Silex en 1954), deux Prix Ganay (Elu en 1955, Taj Dewan en 1968), les Champion Stakes (Bobar en 1961) et un Grand Prix de Paris (Dhaudevi en 1968). Avec en prime, cinq titres de champion des éleveurs en obstacle. Hormis Sicié et Sidéré, vendus yearlings, tous ces chevaux portèrent les couleurs (casaque orange, manches jaunes, toque noire) de Georges Courtois qui furent reprises à sa mort par son épouse. Résultat flatteur pour un industriel cossu qui, très « regardant », adorait acheter au rabais.

Doublés et séries

Neuf chevaux ont remporté la course à plusieurs reprises. L’un trois fois : Al Capone II (1993, 1994, 1996) ; et neuf deux fois : Spirou (1964, 1966), Reliant Nell (1978, 1979), World Citizen (1983, 1984), Tobol (1986, 1988), Ultra Rochelais (1991, 1992), Vieux Beaufai (1998, 1999), Kotkijet (2000, 2003), Or Noir de Somoza (2007, 2009) et Quarouso (2011, 2012).

Sept lauréats du Grand Steeple-Chase de Paris avaient auparavant gagné le Prix Georges Courtois : Morgex (1971-1972), Giquin (1972-1973), Al Capone II (1993, 1994, 1996-1997), Vieux Beaufai (1998, 1999-2000), Kotkijet (2000-2001), Mid Dancer (2006-2007) et Remember Rose (2008-2009). Deux lauréats du Grand Steeple ont remporté postérieurement le Prix Georges Courtois : Oteuil SF (1987-1990) et Bel La Vie (2013 - 2016).

Dans l'histoire récente de la course, plusieurs chevaux ont remporté le Prix La Haye Jousselin puis le Prix Georges Courtois dans la foulée : Rubi Ball en 2010, Remember Rose en 2008 et Gold Flight en 2005. Mid Dancer a remmporté les deux courses à un an d'intervalle, d'abord le « Georges Courtois » en 2006 puis le « La Haye Jousselin » l'année suivante.

Propriétaires

  • Casaque Wildenstein (4 victoires) : World Citizen (1983, 1984) et Kotkijet (2000) pour Daniel, puis Kotkijet (2003) pour l'écurie ;
  • Robert Fougedoire (3 victoires) : Al Capone II (1993, 1994, 1996) ;
  • Écurie Zingaro (3 victoires) : Kario de Sormain (2004) et Quarouso (2011, 2012) ;
  • Maria-Félix Berger (2 victoires) : Pancho Villa (1960) et Giquin (1972) ; 
  • Julien Décrion (2 victoires) : Spirou (1964, 1966) ; 
  • Mme Gérard Aoudai (2 victoires) : Tobol (1986, 1988) ; 
  • Jean-Claude Evain (2 victoires) : Ultra Rochelais (1991, 1992) ;
  • Ecurie Siklos (2 victoires) : Vieux Beaufai (1998, 1999) ;
  • Sean Mulryan (2 victoires) : Mid Dancer (2006) et Or Noir de Somoza (2007).

Entraîneurs

  • Jean-Paul Gallorini (8 victoires) : World Citizen (1983, 1984), Kotkijet (2000, 2003), Kario de Sormain (2004), Remember Rose (2008) et Quarouso (2011, 2012) ;
  • André Adèle (6 victoires) : Pancho Villa (1960), Spirou (1964, 1966), Cricri IV (1970), Giquin (1972) et Le Pompier (1975) ;
  • Henri Gleizes (5 victoires) : Brazza (1947), Farfadas II (1951), Radium (1952), Jack (1954) et Capricant (1956) ;
  • Bernard Sécly (3 victoires) : Al Capone II (1993, 1994, 1996).

Jockeys

  • Jacques Ricou (4 victoires) : Golden Flight (2005), Mid Dancer (2006), Or Noir de Somoza (2007) et Vézelay (2014)
  • Denis Leblond (3 victoires) : Croissant Chaud (1981), World Citizen (1984), Oteuil SF (1990) ; 
  • Jean-Yves Beaurain (3 victoires) : Al Capone II (1993, 1994, 1996) ;
  • Nathalie Desoutter (3 victoires) : Kario de Sormain (2004) et Quarouso (2011, 2012) ;
  • Paul Péraldi (2 victoires) : Farfadas II (1951) et Le Phare (1953) ;
  • Jean-Claude Desaint (2 victoires) : Spirou (1964, 1966).
  • Patrick Tual (2 victoires) : Reliant Nell (1978, 1979) ;
  • Patrice Lemaire (2 victoires) : Ortisica (1980) et Bayonnet (1985) ;
  • Roger Duchêne (2 victoires) : World Citizen (1983) et Tobol (1988) ;
  • Thierry Majorcryk (2 victoires) : Kotkijet (2000, 2003).