Diane Longines : Le couronnement de Channel

16 juin 2019

Photo scoopdyga.com

C’est la pouliche française Channel (Nathaniel) qui s’est imposée dans la 170e édition du Prix de Diane Longines (Gr1), ce dimanche à Chantilly. La représentante de Samuel De Barros, entraînée par le Cantilien Francis-Henri Graffard et montée par Pierre-Charles Boudot, a résisté jusqu’au bout à l’attaque de Commes (Le Havre), l’une des quatre représentantes de l’entraîneur Jean-Claude Rouget. Grand Glory (Olympic Glory) est venue arracher la troisième place sous la selle de Gérald Mossé, déjà titulaire de cinq succès dans cette course. Etoile (Siyouni) se classe quatrième devant Cala Tarida (Garswoord), préparée à Calas-Cabriès par Frédéric Rossi. La favorite de la course, Siyarafina (Pivotal), représentante de Son Altesse l’Aga Khan, échoue à la sixième place.

Il s’agit de la première victoire dans le Prix de Diane Longines pour Pierre-Charles Boudot, Francis-Henri Graffard, et Samuel De Barros, le propriétaire de Channel. Et pour cause ! Samuel de Barros, dont l’épouse, Elodie Mangeard de Barros, dirige un haras réputé de trotteurs, n’a qu’un seul galopeur à l’entraînement !

La vidéo de course

Les réactions

Pierre-Charles Boudot (entraîneur de Channel, 1re)

« Je n’ai pas toujours eu beaucoup de chance dans les courses comme le Prix de Diane Longines. Mais aujourd’hui, tout s’est passé comme dans un rêve. Channel est une pouliche très maniable. Francis-Henri Graffard m’a mis en confiance au moment des ordres. J’ai pu la monter près de la tête, et comme le rythme n’était pas très soutenu, il était important d’être bien placé et de ne pas prendre le coup. Channel n’a pas beaucoup d’expérience, mais elle a un super mental, et elle apprend tout très vite. »

Francis-Henri Graffard (entraîneur de Channel, 1re)

« C'est pour ce genre de moments que l'on entraîne. Pour gagner un classique. C'est un rêve qui se réalise, moi qui voulais tant m'installer à Chantilly. Pour l'anecdote, je viens de Paray-le-Monial, comme Pierre-Charles Boudot et mon grand-père avait des chevaux à l'entraînement chez son père ! Channel a bien débuté, même si elle a eu besoin de temps pour sortir de son hiver. J'aime bien faire gagner les pouliches rapidement pour pouvoir bâtir un programme et j'ai trouvé un maiden à Lyon-Parilly, une belle piste sélective, où j'ai fait aussi débuter Erupt. A Lyon, elle avait très bien accéléré en remportant son maiden. Elle n'est pas très grande mais elle a énormément de cœur. Quand elle a vraiment accéléré cet après-midi, je n'ai pas vu les autres arriver. Je savais qu’elle allait tenir jusqu'au bout. Elle a toujours tout bien fait mais de là à se projeter aussi haut et aussi vite, c’était difficile ! Il n'était pas évident de l'engager dans l'Arc. Il faut voir comment elle récupère. Nous avons le problème de ceux qui ont des bons chevaux ! » 

Samuel De Barros (propriétaire de Channel, 1re)

« Mon parcours est atypique. L'amour m'a fait découvrir ce milieu. J'avais une vie très établie et confortable à Paris. J'ai rencontré ma future épouse qui était déjà dans les chevaux. Elle m'a presque forcé à venir au Prix du Président de la République à Vincennes. Ce fut un moment extraordinaire, rempli d'émotions. Mais jamais je n'aurais imaginé remporter le Prix de Diane une décennie plus tard. C'est aussi la victoire d'une génération d'hommes et de femmes qui ont 40 ans, comme Francis-Henri Graffard, Philip Prevost-Baratte, Bertrand et Anne-Charlotte Le Métayer mais également mon épouse. Il est important de travailler avec des gens de confiance. C'est une belle histoire et elle ne va sûrement pas s'arrêter là. Mon épouse se distingue au trot où elle a une grande réussite. Je préfère le galop dont l'aspect international est très attrayant. »

Jean-Claude Rouget (entraîneur de Commes, 2e, Etoile, 4e, Ebony et Cartiem, non placées)

« C'était une très belle course. Je ne pensais pas que Commes pourrait remonter la gagnante et finir si près, c'est merveilleux. On ne pouvait pas espérer mieux. Elle est venue sur un changement de vitesse. Aucune excuse pour Etoile, elle court très bien. Pour Cartiem, on ne sait pas trop ce qu'il s'est passé. Quant à Ebony, elle est trop tendre, n'a sûrement pas assez de métier. Elle est un peu tardive, elle sera sûrement meilleure à l'automne. »

Gianluca Bietolini (entraîneur de Grand Glory, 3e)

« Je suis super content de la pouliche. La course ne s'est pas déroulée exactement comme je le pensais : j'avais demandé à Gérald Mossé de pister Siyarafina, qui semblait posséder une première chance. Le problème, c'est que cette dernière n'a pas avancé comme prévu ! Du coup, le jockey a été obligé de changer de ligne pour pouvoir progresser. Je n'ai pas de regrets. Avant la course, j'aurais signé pour être troisième. Son jockey ne la connaissait pas, mais il l'a super bien montée. Il m'a dit que s’il avait pu partir de plus loin, la pouliche aurait gagné. Nous n'avons pas vraiment réfléchi à la suite de son programme, car nous attendions de voir son comportement aujourd'hui. Peut-être le Prix de la Nonette (Gr2)... Nous allons voir. »

Frédéric Rossi (entraîneur de Cala Tarida, 5e)

« Les 2 100 mètres sont un peu le bout du monde pour elle. Elle sera mieux sur 1 800/2 000 mètres et nous pouvons envisager d’aller courir aux États-Unis en fin de d'année. Mais aujourd'hui, elle m'a donné beaucoup de joie. Nous y avons cru jusqu'au bout et Grégory [Benoist, son jockey, ndlr] nous a dit qu'il pensait même venir gagner à un moment. Elle a fait une course formidable, c'est superbe.