Historique du Prix Greffulhe : Entre Chantilly et Epsom

8 mai 2022

greffulhe

Photo scoopdyga.com

Mai, Saint-Cloud

Prix Greffulhe

 

Groupe 2, 3ans, 2 100 mètres, 130 000 €

Créé en 1882

Tenant du titre : Baby Rider (m3, par Gleneagles et Gyrella, par Oasis Dream), appartenant à Écurie Jean-Louis Bouchard, élevé par Aliette et Gilles Forien, entraîné par Pascal Bary, monté par Stéphane Pasquier.

Temps record : 2’10’’60 par Ragmar en 1996 (Longchamp).

La course se déroule en 2022 pour la 136ème fois

L'édition 2021

 

Samedi 1er mai 2021, Hippodrome de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). - Troisième le 3 avril sur ce même parcours derrière Baby Rider (Gleneagles) pour ses premiers pas à Paris après avoir réussi dans le Midi, Smile Makers (Kendargent) est allé ensuite gagner à Fontainebleau. Sept jours seulement après, dans ce Prix Greffulhe (Gr2), il défiait à nouveau Baby Rider est a cette fois longtemps repoussé l’attaque de son rival, qui s’est finalement imposé d’une encolure. Favori, le troisième Martial Eagle (Adlerflug) n’a jamais pu se rapprocher d’eux après avoir attendu en retrait.

Ainsi se dessine la potentielle candidature de Baby Rider dans le Prix du Jockey Club (Gr21), où il est engagé au même titre que dans le Grand Prix de Paris (Gr1). Le représentant de Jean-Louis Bouchard, mis au point par Pascal Bary, est désormais invaincu en trois sorties cette année. C’était aussi sa deuxième tentative sur 2 100 mètres.

Baby Rider a été acheté 220 000 € aux ventes Arqana par le courtier Gérard Larrieu. Élevé par Aliette et Gilles Forien, il est le quatrième produit de Gyrella (Oasis Dream), placé de Listed et sœur du gagnant de Derby d’Epsom (Gr1) Wings of Eagles (Pour Moi). Après Baby Rider, la jument a donné un fils d’Almanzor et une pouliche par Cracksman.

 

 

Historique

Cette course fut créée en 1882 pour commémorer le souvenir d’un des principaux dirigeants des courses au galop.

Le Prix Greffulhe fit longtemps partie des cinq « poules des produits » instituées par la Société d’Encouragement comme épreuves préparatoires au Prix du Jockey Club, le Derby français : successivement en 1841 (Poule des Produits, devenu Prix Daru en 1877), en 1855 (Prix de l’Empereur, devenu Prix Lupin en 1896), en 1861 (Prix de Longchamp, devenu Prix Hocquart en 1885), en 1878 (Prix du Nabob, devenu Prix Noailles en 1896), en 1882 (Prix Greffulhe).

Hormis le Prix Lupin, sans conditions restrictives, les quatre autres prévoyaient chacune des conditions de qualification spécifiques en fonction de la nationalité du père ou de la mère du produit. Par exemple, le Prix Greffulhe avait pour conditions « pour produits issus de juments nées et élevées en France ».

Ces cinq « poules de produits » avaient été ajoutées pour renforcer la sélection des chevaux de 3 ans qui ne disposaient auparavant que d’une course importante sur le chemin de l’épreuve classique par excellence, le Prix du Jockey Club. C’était la « Poule d’Essai » –disputée alors sur 1 500 mètres (1 600 mètres à partir de 1867) à l’instar des « Guinées » en Angleterre– créée en 1840 et mixte jusqu’à la division en 1883 en deux épreuves, l’une pour les poulains, l’autre pour les pouliches.

Ces cinq « poules des produits » se couraient sur des distances entre 2 000 et 2 500 mètres, proches des 2 400 mètres du Jockey Club. Pour ces cinq courses, les engagements avaient lieu avant la naissance des produits, l’année même de leur conception, d’où l’expression « engagements dans le ventre de la mère ». Le but était de réunir un très grand nombre d’engagements payants dont la masse permettait de financer les courses en question. Cette pratique des engagements avant la naissance cessa seulement lors des « poules des produits » courues en 1968.

Le Prix Greffulhe n’a pas été disputé de 1915 à 1919 du fait de la guerre. Couru à Longchamp sur 2 100 mètres, il fut transféré, encore du fait de la guerre, durant trois années (1943, 1944, 1945) au Tremblay, où sa distance fut portée à 2 150 mètres. Depuis 2005, avec la réorganisation du programme classique pour les 3 ans, il est transféré à Saint-Cloud, seule grande piste de France Galop à main gauche, comme le Derby d’Epsom, auquel il peut ainsi préparer. Il s’est disputé sur 2 000 mètres jusqu’à 2018, lorsqu’il est repassé à 2 100 mètres. En 2020, il est disputé à Lyon-Parilly au mois de juin en raison des restrictions et reprogrammations liées à l'épidémie de coronavirus.

Henri Greffulhe (1815-1879)

Qualifié « homme du monde, de club, de sport et de plaisir, à qui sa grande fortune permettait de donner satisfaction à ses goûts divers, sans crainte qu’ils le ruinassent. »

D’une famille française émigrée lors de la révocation de l’Edit de Nantes, et fils d’un riche banquier des Pays-Bas, son père (lui aussi prénommé Henri) avait rendu de grands services en 1814 à Louis XVIII. Celui-ci lui accorda des lettres de naturalisation en 1816, le créa pair de France et lui attribua le titre de comte en 1818.

Admis le 1er mai 1835 –en même temps que Frédéric de Lagrange– au Jockey Club dont il fut longtemps l’un des membres les plus influents, Henri Greffulhe fut nommé membre adjoint du comité de la Société d’Encouragement en 1850, puis membre fondateur en 1860. Il en fut aussi commissaire des courses de 1858 à 1879. Il joua un rôle important durant la période de développement de la Société d’Encouragement, notamment lors des négociations avec la Ville de Paris pour la création de l’hippodrome de Longchamp ouvert en 1857.

Son neveu, Henri-Emmanuel Greffulhe (1848-1932), élu député de Melun en 1889, fut un des créateurs de la Société de Sport de France dont il fut le premier président pendant cinquante ans, de 1882 à 1932.

Prix Greffulhe et Derbies

Le vainqueur du Prix Greffulhe est parvenu à gagner le Prix du Jockey Club 23 fois. Les réalisateurs de ce doublé furent : Gospodar (1894), Palmiste (1897), Belfonds (1925), Tourbillon (1931), Cillas (1938), Le Pacha (1941), Ardan (1944), Prince Chevalier (1946), Scratch (1950), Sicambre (1951), Amber (1957), Herbager (1959), Rheffic (1971), Roi Lear (1973), Youth (1976), Darshaan (1984), Mouktar (1985), Suave Dancer (1991), Ragmar (1996), Peintre Célèbre (1997), Montjeu (1999), Dalakhani (2003) et Study of Man (2018). À signaler aussi le doublé Greffulhe-Derby d’Epsom réalisé par Pour Moi (2011) a aussi été réussi en 1965 par Sea Bird.


Propriétaires

  • Casaque Rothschild (8 victoires) : Edouard avec Flowershop (1920), Tacite (1921), Veloucrème (1930), Bacchus (1939), Guy avec Marly Knowe (1953), Free Ride (1964), Mariacci (1975), Bois de Grâce (1982). 
  • Marcel Boussac (7 victoires) : Astérus (1926), Tourbillon (1931), Cillas (1938), Ardan (1944), Ambiorix (1949), Scratch (1950), Dankaro (1974) ; au prince Karim Aga Khan : Hafiz (1955), Naasiri (1978), Darshaan (1984), Mouktar (1985), Dalakhani (2003), Visindar (2006) et Kesampour (2012). 
  • Aga Khan (6 victoires) : Hafiz (1955), Naasiri (1978), Darshaan (1984), Mouktar (1985), Dalakhani (2003), Visindar (2006). 
  • Henri Delamarre (4 victoires) : Clio (1882), Palamède (1885), Montreuil (1896), Tapis Vert (1899). 
  • Daniel Wildenstein (4 victoires) : Persifleur (1987), Along All (1989), Epervier Bleu (1990), Peintre Célèbre (1997). 
  • Jean-Louis Bouchard (3 victoires) : Ragmar (1996), Gold Trip (2020), Baby Rider (2021).


Entraîneurs

  • André Fabre (13 victoires) : Along All (1989), Apple Tree (1992), Hunting Hawk (1993), Diamond Mix (1995), Peintre Célèbre (1997), Visindar (2006), Quest for Honor (2007), Prospect Wells (2008), Cutlass Bay (2099), Pour Moi (2011), Ocovango (2013), Cloth of Stars (2016), Roman Candle (2019) ;
  • John Cunnington (5 victoires) : Le Pacha (1941), Pensbury (1943), Chesterfield (1947), Major (1954), Whippoorwill (1962) ;
  • Etienne Pollet (5 victoires) : Silnet (1952), Le Mesnil (1963), Sea Bird (1965), Roi Dagobert (1967), Prince Régent (1969). 
  • Pascal Bary (5 victoires) : Ragmar (1996), Croco Rouge (1998), Ice Blue (2010), Study of Man (2018), Baby Rider (2021) ;
  • Alain de Royer-Dupré (3 victoires) : Darshaan (1984), Mouktar (1985), Dalakhani (2003) ;
  • Jean-Claude Rouget (3 victoires) : Rhenium (2000), Maille Pistol (2001), Prince Gibraltar (2014).


Jockeys

  • Roger Poincelet (5 victoires) : Mistral (1945), Ambiorix (1949), Silnet (1952), Hafiz (1955), Le Mesnil (1963) ;
  • Yves Saint-Martin (5 victoires) : Roi Dagobert (1967), Val d’Aoste (1968), Dom Pasquini (1983), Darshaan (1984), Mouktar (1985) ;
  • Cash Asmussen (5 victoires): Arokar (1986), Along All (1989), Suave Dancer (1991), Tikkanen (1994), Montjeu (1999) ;
  • Stéphane Pasquier (5 victoires) : Vatori (2005), Ice Blue (2010), Study of Man (2018), Gold Trip (2020), Baby Rider (2021) ;
  • George Stern (4 victoires) : Maximum (1902), Génial (1905), Kenilworth (1908), Union (1909). 
  • Thierry Jarnet (4 victoires) : Apple Tree (1992), Hunting Hawk (1993), Diamond Mix (1995), Rhenium (2000) ;
  • Christophe Soumillon (4 victoires) : Dalakhani (2003), Visindar (2006), Quest for Honor (2007), Prince Gibraltar (2014) ;
  • Charles Semblat (3 victoires) : Belfonds (1925), Ivanoé (1928), Mansur (1935) ;
  • Charles Bouillon (3 victoires) : Veloucrème (1930), Bacchus (1939), Prince Chevalier (1946) ;
  • Jacques Doyasbère (3 victoires) : Ardan (1944), Chesterfield (1947), Major (1954) ;
  • Paul Blanc (3 victoires) : Rigolo (1948), Sicambre (1951), Marly Knowe (1953) ;
  • Jean Deforge (3 victoires) : Amber (1957), Free Ride (1964), Prince Régent (1969) ;
  • Léon Flavien (3 victoires) : Hautain (1970), Hauban (1966), Magic Hope (1970) ;
  • Philippe Paquet (3 victoires) : Rex Magna (1977), Le Marmot (1979), Providential (1980) ;
  • Olivier Peslier (3 victoires) : Peintre Célèbre (1997), Prospect Wells (2008), Recoletos (2017) ;
  • Mickaël Barzalona (3 victoires) : Pour Moi (2011), Cloth of Stars (2016), Roman Candle (2019).