Historique du Grand Prix de Paris, monument du galop français

14 juillet 2019

Photo scoopdyga.com

Dès sa création sous le Second Empire, six ans après l’inauguration de Longchamp, le Grand Prix de Paris sort de l’ordinaire : les participants étrangers y sont les bienvenus, et sur la distance de 3 000 mètres, les meilleurs 3ans européens, tous les gagnants de Derby, peuvent s’y mesurer. Le Grand Prix de Paris est la course-reine du programme français. On en trouve la trace dans tous les romans de l’époque, à travers toutes les classes sociales. Depuis 2005, la course est disputée sur 2 400 mètres. Elle est devenue la troisième manche d’une « Triple Couronne » française commencée avec les Abu Dhabi Poules d’Essai et poursuivie dans le QIPCO Prix du Jockey Club et le Prix de Diane Longines. C’est aussi, pour les meilleurs 3ans, l’occasion de s’essayer sur le parcours du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, souvent pour la première fois...

Juillet, ParisLongchamp

JUDDMONTE GRAND PRIX DE PARIS

Groupe 1 pour 3ans, 2 400 mètres, 600 000 €

Créé en 1863

 

Record de la course : 2'24"30, Scorpion (2005)

Tenant du titre : Japan (M3, GB, par Galileo et Shastye, par Danehill), appartenant à Derrick Smith, Sue Magnier et Michael Tabor, élevé par Newsells Park Stud, entraîné par Aidan O'Brien, monté par Ryan Moore.

Il sera couru en 2020 pour la 152ème fois.

L'édition 2019

Le raider irlandais Japan (Galileo) a en quelque sorte remporté son premier tournoi du Grand Chelem hippique, dimanche 14 juillet à ParisLongchamp dans le Juddmonte Grand Prix de Paris (Gr1), en repoussant jusqu’au bout l’attaque de son challenger français Slalom (Intello), deuxième à une demi-longueur. Jalmoud (New Approach) a bien tenu sa partie et il complète le podium à ¾ de longueur des deux premiers.

Troisième du Derby d’Epsom après une préparation contrariée, puis facile lauréat des King Edward VII Stakes (Gr2) au meeting royal d’Ascot, le pensionnaire d’Aidan O’Brien a eu davantage de difficulté à ParisLongchamp, mais il n’en a pas moins confirmé son leadership parmi les poulains nés en 2016 sur la distance classique de 2 400 mètres.

Japan est engagé dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, et sa participation est envisagée par son entourage.

Aidan O’Brien, son entraîneur, a expliqué : « Nous sommes très contents du poulain. Il n’y avait pas trop de rythme, et il s’est retrouvé devant assez tôt dans la ligne droite. Et dans ce cas, il fait juste ce qu’il faut. À Royal Ascot, il y avait eu beaucoup plus de rythme. Il devrait maintenant bénéficier d’un break. Il est possible qu’il revienne ici pour disputer une préparatoire au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, puis nous verrons selon son comportement s’il va sur l’Arc ou sur les Irish Champion Stakes. »

C’était la quatrième victoire dans la grande course parisienne d’un pensionnaire d’Aidan O’Brien depuis la victoire de Scorpion en 2005.

Japan appartient aux principaux associés du haras irlandais Coolmore, à savoir Derrick Smith, Sue Magnier et Michael Tabor. Il a été élevé en Grande-Bretagne par Newsells Park Stud, qui l’a vendu aux enchères 1,3 million de livres yearling à Michael-Vincent Magnier, fils de John et Sue Magnier, née O’Brien.

Japan est issu de Shastye (Danehill), une placée de Listed qui a donné deux gagnants de Groupe avant lui. Elle est elle-même issue d’une jument qui a fait carrière en France, Saganeca (Sagace). Gagnante du Prix de Royallieu (Gr2) pour l’entraîneur Antonio Spanu -elle battait ce jour-là la Wertheimer Brooklyn’s Dance, future mère de la gagnante d’Arc Solemia !-, Saganeca a donné le gagnant d’Arc Sagamix, mais aussi Sagacity et Sage et Jolie, d’où Sageburg.

Évidemment, l’entourage de Japan n’a pas laissé échapper le propre frère du poulain, acheté 3 millions de livres aux ventes de Tattersalls en octobre dernier. Cela détone avec le dernier produit de Saganeca passé en vente, sa fille inédite de 13 ans Avec Amour (Sadler’s Wells), vendue seulement 8 000 € pleine de l'étalon australien Elvstroem en décembre dernier au courtier allemand Axel Donnerstag !

Historique

Depuis 2005 il présente trois nouveautés. Il a lieu le jour de la Fête nationale, 14 juillet, ou la veille, il est disputé au cours d'une réunion semi-nocturne et sa distance est de 2 400 mètres.

Le premier Grand Prix de Paris eut lieu à Longchamp le 31 mai 1863 (deux semaines après le Prix du Jockey Club, onze jours après le Derby à Epsom) sur 3 000 mètres. La distance fut portée à 3.100 mètres de 1964 à 1977. Retour à 3.000 mètres de 1978 à 1986. Distance réduite à 2.000 mètres de 1987 à 2004 et allongée à 2.400 mètres en 2005.

Le Grand Prix de Paris n'a pas été disputé en 1871, de 1915 à 1918 et en 1940. Il a été couru au Tremblay en 1943 et 1944, à Saint-Cloud en 2016 et 2017 pendant les travaux de Longchamp. Jusqu'alors le Grand Prix de Paris s'était toujours déroulé un dimanche sauf à deux reprises : en 1981 quand, par suite d'une grève du personnel du PMH (pari mutuel hippodrome), la réunion prévue le 27 juin dut être annulée et reportée au samedi suivant, 4 juillet ; et en 2001 quand, pour les mêmes raisons (grève du personnel du PMH), la réunion prévue le 24 juin dut être annulée et reportée au mardi suivant sans possibilité de jouer tant au PMH qu'au PMU.

C'est dans le cadre de la réforme du programme classique des 3 ans décidée par France Galop que la date et la distance du Grand Prix de Paris ont été modifiées en 2005. Principales mesures de la réforme : suppression du traditionnel Prix Lupin (2.100 mètres) disputé le même jour que les Poules d'Essai (1.600 mètres), raccourcissement de la distance du Prix du Jockey Club (2.100 au lieu de 2.400 mètres) et allongement de la distance du Grand Prix de Paris (2.400 au lieu de 2.000 mètres) retardé d'une quinzaine de jours. De la sorte est constitué pour un 3 ans un programme espacé sur deux mois et progressif : 1.600, 2.100 et 2.400 mètres. Si le même cheval parvient à gagner les trois courses, il réalisera vraiment un exploit.

Grands Prix mémorables

Le premier Grand Prix de Paris eut lieu le 31 mai 1863. « Le succès dépassa toutes les espérances. Toutes les enceintes furent envahies par la foule et le chiffre de la recette s'éleva à 81.000 F. » A l'heure exacte, venus par bateau sur la Seine, l'empereur Napoléon III et l'impératrice se rendirent dans la tribune présidentielle… « L'impératrice portait une robe et une veste de popeline blanche garnie de brandebourgs, ganses et boutons vert émeraude. Son chapeau était de tulle blanc à touffes d'herbes pailletées de rosée. »

1867. 2 juin. Beaucoup de monde. Les gardes ont du mal à dégager la piste pour permettre aux dix concurrents de prendre le départ. Une recette de 216.000 F contre 124.000 F l'année précédente. La raison s'appelle l'Exposition Universelle. Dans la tribune présidentielle, une brochette de souverains. Autour de Napoléon III, le tsar de Russie Alexandre II, le roi Léopold II et la reine des Belges, le prince et la princesse de Prusse. Sur la piste, un favori, Patricien, lauréat du Prix du Jockey Club ; un délaissé Fervacques (66/1), qui, la veille sur la même piste, monté par Challoner, a remporté le Prix de la Néva d'une tête sur un adversaire médiocre, mais facilement. Son propriétaire le comte Alfred de Montgomery a décidé de l'aligner du fait de la présence du jockey George Fordham, disponible par suite du retrait du cheval anglais Marksman qu'il devait monter. A la surprise générale, Fervacques, sur lequel se démène le « diable » anglais, parvient à faire dead-heat avec Patricien piloté par Arthur Watkins. Les propriétaires décident de recourir l'épreuve. Il s'en fallut d'un rien que le juge fut encore incapable de départager les adversaires. Il ne distingua que la longueur d'un nez en faveur de Fervacques. Fordham remportera encore deux fois le Grand Prix de Paris. Mais on n'enregistrera aucun autre dead-heat à l'arrivée de l'épreuve.

1914. 28 juin. Dans la tribune présidentielle, autour du président de la République Raymond Poincaré accompagné de son épouse, plusieurs membres du corps diplomatique. Un messager apporte au comte Szecsin de Temerin, ambassadeur d'Autriche-Hongrie, un télégramme lui annonçant l'assassinat de l'archiduc héritier François-Ferdinand à Sarajevo. Après en avoir discrètement informé le président Poincaré, il quitte la tribune et regagne son ambassade. Le public ne connaîtra que dans la soirée la nouvelle. Six semaines plus tard, commencera la Première Guerre mondiale. Sur la piste, deux champions se livrent à un duel acharné. Sardanapale monté par George Stern parvient à l'emporter d'une encolure sur La Farina piloté par Frank O'Neill qui menait depuis le départ à vive allure puisque le vainqueur établit un nouveau record des 3.100 mètres couverts en 3' 11'' 1/5. Duel familial aussi, le vainqueur appartenant au baron Maurice de Rothschild et le second à son cousin le baron Edouard.

1926. 27 juin. Dans la tribune présidentielle, le roi d'Espagne, Alphonse XIII est l'hôte du président de la République Gaston Doumergue. Tous les records sont battus. 166.635 « piétons payants » sont dénombrés. Plus de 30.000 entrées que lors du Grand Prix de 1923 (132.950) ! La répartition est la suivante : 119.407 à la pelouse (3 F, soit environ 1,50€ aujourd'hui), 34.425 au pesage (18.995 hommes à 40 F, soit environ 20€ aujourd'hui, et 15.430 dames à mi-tarif), 12.552 au pavillon (à 15 F) et 251 à la terrasse du moulin (à 4 F). A ces piétons il convient d'ajouter les voitures au nombre de 844 stationnant sur la pelouse après avoir acquitté 40 F. Enfin, sont vendus 84.012 programmes. Record également pour le parcours dont les 3.100 mètres sont couverts en 3' 10'' 3/5 par le vainqueur Take My Tip portant les couleurs de James Hennessy et monté par Jack Jennings. Enfin, sans atteindre les faramineux rapports enregistrés les deux années précédentes (120/1 pour Transvaal en 1924 et 119/1 pour Reine Lumière en 1925), une belle cote de 62/1 récompense les preneurs du vainqueur qui, le mardi précédent, n'avait pu finir que quatrième du Prix Berteux.

1939. 59.797 spectateurs payants. Dans la tribune présidentielle, le président de la République Albert Lebrun et son hôte le sultan du Maroc Mohammed V. Dans une loge, le duc et la duchesse de Windsor. Dans l'attente du résultat, Germaine Grosbois, 55 ans, et Angèle Bouchet, 51 ans, épouses respectives du cantonnier et d'un journalier, deux des plus pauvres des 650 habitants du petit bourg de Neung-sur-Beuvron dans le Loir-et-Cher. Elles ont acheté ensemble un dixième de billet du sweepstake émis à l'occasion du Grand Prix. Lors du tirage préliminaire du 22 juin, leur n° 1.336.736 est sorti gagnant et c'est la série du cheval Pharis qui leur a été attribuée. Si Pharis l'emporte, elles touchent le gros lot, soit 600.000 F. C'est Pharis qui gagne. A cette victoire acquise dans un style étourdissant, Le Figaro consacre en première page trois de ses huit colonnes, Le Petit Parisien six sur huit et Paris Soir sa une et sa dernière en entier.
Dans Le Figaro (26 juin 1939), le poète Léon-Paul Fargue souligne le rôle du cheval dans la Saison de Paris : « Le plus bel ornement, le roi de ce qu'on appelle, avec tant de gentillesse, la Saison de Paris, c'est incontestablement le cheval, et il est bon que nous l'ayons choisi, car le cheval est, par sa forme et son dessin, la plus fine et la plus heureuse manifestation de la puissance. […] Mais, dans cet art de plaire et de jouir qu'est la Saison de Paris, le cheval, mieux brossé que jamais, plus haut de poitrine, plus élancé du cou, demeure le chef d'œuvre décoratif par excellence et comme le signe même de la force élégante. Juin sans Courses serait une véritable catastrophe, et la grâce des femmes y perdrait de son assurance. »
Dans Le Petit Parisien (26 juin 1939), Henry Thétard rappelle l'enjeu du Grand Prix de Paris : « Le Grand Prix a d'abord pour lui de se courir à Longchamp, qui fut toujours un pôle d'attraction pour les Parisiens, depuis les jours lointains de l'abbaye fondée par Isabelle de France et des cavalcades quelque peu scandaleuses de la semaine sainte jusqu'à la revue du 14 juillet chantée par Paulus. Pendant longtemps, il a symbolisé la lutte de notre élevage contre celui de Grande-Bretagne… Le favori français portait les espoirs - souvent déçus dans les années qui vont de la création de la course à 1886 - de la masse chauvine qui jubilait à voir battre l'adversaire anglais. Encore aujourd'hui, à présent que les turfistes sont davantage imbus de l'esprit de fair play le caractère international du Grand Prix demeure l'un de ses attraits principaux. »
Jean Trarieux, (Le Figaro, 26 juin 1939) est au comble du bonheur. Devant ses yeux, « s'est déroulée la plus belle course du monde. La plus belle, parce que non seulement l'enjeu était formidable, mais aussi parce qu'elle nous a dispensé beaucoup mieux même que les émotions prévisibles, et que, pour en sortir vainqueur, il n'a pas suffi à Pharis de montrer qu'il avait une qualité supérieure à celles des autres ; il lui a encore fallu faire la preuve qu'il était le plus extraordinaire cheval que nous ayons personnellement connu. […] Gagner, c'est déjà très bien. Mais gagner au petit galop à la fin, quand on a tout eu contre soi, c'est encore beaucoup mieux. Pour un accroc unique, et moins grave que tous les accrocs subis par Pharis, Donatello avait succombé. Donatello, c'était pourtant quelqu'un. Nous vous laissons donc l'agrément de savourer vous-mêmes ce qu'est Pharis. Qu'on ne nous rebatte plus les oreilles avec les gloires d'antan. Quand on nous dira Gladiateur, nous dirons Pharis. Quand on nous dira n'importe quel autre, nous dirons toujours Pharis. »

1986. 29 juin. Le 118e Grand Prix de Paris est gagné par un cheval maiden ! Le dénommé Swink, portant la casaque de Nelson-Bunker Hunt devance d'une courte tête le britannique War Hero, simple cheval de handicap. C'est le coup de grâce porté à une épreuve moribonde. Les spécialistes, penchés à son chevet depuis bien longtemps, vont décider une amputation de 1 000 mètres ! Le prochain sera disputé sur 2 000 mètres.

Temps records dans le passé

Sur 2.000 mètres, 2'01''en 2001 par Chichicastenango ; sur 3.000 mètres, 3' 08'' 2/5 en 1955 par Phil Drake ; sur 3.100 mètres, 3'14'' par At Talaq en 1984. En 2003, il s'en fallut d'un dixième de seconde que le record établi par Chichicastenango fut égalé, Vespone couvrant la distance en 2'01'10. En 2005, Scorpion a parcouru les 2.400 mètres en 2'24''30.

Partants

C'est en 1949 qu'on a enregistré le plus grand nombre de partants, vingt-six quand la pouliche Bagheera fut victorieuse. Depuis 1987, date du Grand Prix nouvelle formule (2.000 mètres), c'est en 1994 que les partants furent les plus nombreux, douze. Mais c'est aussi la période avec les champs les plus restreints, quatre concurrents seulement en 2004, cinq en 2001, ce qui n'empêcha pas cette année-là le lauréat Chichicastenango d'améliorer le record de l'épreuve, 2'01'', le précédent appartenant à Fort Wood (2'01''60 en 1993). Auparavant les participations les plus faibles remontaient à 1864 (cinq) et 1888 (six) lors des victoires respectives de Vermout et de Stuart.

Pouliches

Les pouliches ont été victorieuses dix fois, avec Sornette (1870), Nubienne (1879), Ténébreuse (1887), Andrée (1895), Semendria (1900), Kizil Kourgan (1902), Reine Lumière (1925), Commanderie (1930), Crudité (1935) et Bagheera (1949).
La dernière pouliche parvenue à prendre une place est Guislaine, troisième en 1992.
Six pouliches ont réalisé le doublé Prix de Diane-Grand Prix de Paris : Sornette (1870), Nubienne (1879), Semendria (1900), Kizil Kourgan (1902), Commanderie (1930) et Bagheera (1949).

Doublés

Vingt-trois chevaux ont réussi le doublé Prix du Jockey Club-Grand Prix de Paris : Boïard (1873), Salvator (1875), Frontin (1883), Little Duck (1884), Stuart (1888), Ragotsky (1893), Perth (1899), Ajax (1904), Finasseur (1905), Sardanapale (1914), Hotweed (1929), Strip the Willow (1932), Mieuxcé (1936), Clairvoyant (1937), Pharis (1939), Le Pacha (1941), Magister (1942), Sicambre (1951), Charlottesville (1960), Sanctus (1963), Reliance (1965), Rheffic (1971) et Peintre Célèbre (1997).
Six chevaux ont réussi le doublé Derby d'Epsom-Grand Prix de Paris : Gladiateur (1865), Cremorne (1872), Kisber (1876), Spearmint (1906), My Love (1948) et Phil Drake (1955).
Un seul vainqueur du Derby Italiano a remporté le Grand Prix de Paris : Nearco (1938).
Depuis 1987, un seul lauréat du Prix du Jockey Club, Peintre Célèbre (1997), a gagné le Grand Prix sous sa nouvelle version (2.000 mètres). Mais trois chevaux deuxième à Chantilly ont obtenu la victoire à Longchamp. Ce sont Dancehall (1989), Subotica (1991) et Chichicastenango (2001).

Partenariats

Cette course a été créée par la « Société d'Encouragement pour l'amélioration des races de chevaux en France » dans le but de confronter les chevaux britanniques et français - ceux s'étant révélés les meilleurs à l'occasion du Derby à Epsom et du Prix du Jockey Club à Chantilly - sur une distance plus longue, 3.100 mètres au lieu de 2.400 mètres, pour donner des chances supplémentaires aux chevaux battus dans ces deux épreuves. Pour attirer les meilleurs, il fallait une riche dotation. Elle fut obtenue grâce au duc de Morny qui obtint 50.000 F du conseil municipal de la ville de Paris et 10.000 F de chacune des cinq grandes compagnies de chemin de fer de l'époque. Ainsi naquit en 1863 le Grand Prix de Paris dont l'allocation de 100.000 F au vainqueur ne cessa d'attirer de nombreux concurrents britanniques jusqu'à la fin du XIXe siècle. En 1886, après vingt-quatre éditions, on enregistrait un match nul entre les locaux et les visiteurs : douze français vainqueurs, dix anglais, un hongrois et un américain.
Le Grand Prix de Paris resta jusqu'en 1892 la seule course du programme de la Société d'Encouragement ouverte aux chevaux nés à l'étranger. La deuxième fut le Prix du Conseil Municipal créé en 1893.
De 1935 à 1939, le Grand Prix de Paris a servi de support (tout comme le Prix de l'Arc de Triomphe) à un sweepstake, c'est-à-dire à une loterie où l'attribution des prix dépend à la fois d'un tirage et du résultat de la course.
Louis Vuitton a été le partenaire du Grand Prix de 1988 à 1992.
Depuis 2001, le Grand Prix est parrainé par Juddmonte, bannière qui rassemble les haras britannique (Bandstead Manor Stud) et américain (Juddmonte Farms) de Khaled Abdullah.

Programme « Fast Track »

En 2019, France Galop a créé un programme d'invitations portant sur les vainqueurs de six courses, dont quatre à l'étranger, et sur les trois premiers du Derby d'Epsom et du QIPCO Prix du Jockey Club. Les gagnants du Chester Vase, du Derby Trial, des Dante Stakes, des King Edward VII, du Prix Hocquart Longines et du Prix du Lys ont aussi été invités. Les entourages des poulains déjà inscrits ont été remboursés de leur engagement, les autres se sont vus offrir une supplémentation gratuite. 

Visiteurs

Les chevaux entraînés à l'étranger ont remporté 26 victoires. Ce sont : The Ranger (1863), Ceylon (1866), The Earl (1868), Cremorne (1872), Trent (1874), Kisber (1876), Thurio (1878), Robert the Devil (1880), Foxhall (1881), Bruce (1882), Paradox (1885), Minting (1886), Spearmint (1906), Galloper Light (1919), Comrade (1920), Lemonora (1921), Nearco (1938), Glint of Gold (1981), Yawa (1983), At Talaq (1984), Risk Me (1987), Beat Hollow (2000), Scorpion (2005), Imperial Monarch (2012), Kew Gardens (2018) et Japan (2019).

Propriétaires

  • S.A. Aga Khan (7 victoires): Charlottesville (1960), Sumayr (1985), Valanour (1995), Khalkevi (2002), Montmartre (2008), Behkabad (2010) et Shakeel (2017).
  • Edmond Blanc (7 victoires) : Nubienne (1879), Clamart (1891), Rueil (1892), Andrée (1895), Arreau (1896), Quo Vadis (1903) et Ajax (1904).
  • Magnier, Tabor, Smith (6 victoires) : Grape Tree Road (1996), Scorpion (2005), Imperial Monarch (2012), Gallante (2014), Kew Gardens (2018) et Japan (2019).
  • Arthur de Schickler (4 victoires) : Fitz Royal (1890), Ragotsky (1893), Dolma Baghtché (1894) et Semendria (1900).
  • Guy de Rothschild (4 victoires) : Vieux Manoir (1950), White Label (1964), Soleil Noir (1979) et Le Nain Jaune (1982).
  • Khalid Abdullah (4 victoires) : Beat Hollow (2000), Rail Link (2006), Zambezi Sun (2007) et Flintshire (2013).


Un propriétaire accomplit l'exploit de voir ses chevaux occuper les trois premières places du Grand Prix de Paris la même année. Ce fut en 1903 quand Quo Vadis, Caïus et Vinicius se classèrent dans cet ordre en portant les couleurs (casaque orange, toque bleue) d'Edmond Blanc.
La famille Rothschild avec ses couleurs « bleu et jaune » est particulièrement heureuse dans le Grand Prix de Paris. En plus des quatre victoires de Guy mentionnées ci-dessus, elle peut se prévaloir de huit autres succès, ceux obtenus par Alphonse avec Le Roi Soleil (1898), Edouard avec Sans Souci II (1907) et Crudité (1935), Maurice avec Verdun (1909) et Sardanapale (1914), Anthony de Rothschild avec Galloper Light (1919) et James-Armand de Rothschild avec Reine Lumière (1925), et tout dernièrement avec Méandre (2011), propriété de la « Famille Rothschild ». 

Entraîneurs

  • André Fabre (13 victoires) : Dancehall (1989), Subotica (1991), Homme de Loi (1992), Fort Wood (1993), Grape Tree Road (1996), Peintre Célèbre (1997), Limpid (1998), Slickly (1999), Rail Link (2006), Cavalryman (2009), Méandre (2011), Flintshire (2013) et Gallante (2014).
  • François Mathet  (9 victoires): Northern Light (1953), Phil Drake (1955), Vattel (1956), Reliance (1965), Danseur (1966), Rheffic (1971), Exceller (1976), Soleil Noir (1979) et Le Nain Jaune (1982).

Jockeys

  • Le record (6 victoires) appartient à Tom Lane : Stuart (1888), Fitz Royal (1890), Clamart (1891), Rueil (1892), Ragotsky (1893), Perth (1899).

Plus récemment :

  • Christophe Soumillon (4 victoires) : Khalkevi (2002), Rail Link (2006), Montmartre (2008).
  • Thierry Jarnet (4 victoires) : Subotica (1991), Homme de Loi (1991), Grape Tree Road (1996), Slickly (1999).
  • Yves Saint-Martin (4 victoires) : Reliance (1965), Danseur (1966), Exceller (1976), Sumayr (1985)
  • Maxime Guyon (3 victoires) : Cavalryman (2009), Méandre (2011) et Flintshire (2013).

Etalons

Etalons ayant produit au moins deux vainqueurs du Grand Prix de Paris :

  • Montjeu, père de Scorpion (2005), Montmartre (2008) et Gallante (2014) ;
  • Dansili, père de Rail Link (2006), Zambezi Sun (2007) et Flintshire (2013) ;
  • Galileo, père de Imperial Monarch (2012), Kew Gardens (2018) et Japan (2019).

Puis :

  • Sadler's Wells père de Fort Wood (1993) et Beat Hollow (2000).
  • Luthier père de Galiani (1978) et Yawa (1983).
  • Val de Loir père de Chaparral (1969) et Tennyson (1973).
  • Tantième père de Reliance (1965) et Danseur (1966).
  • Vatellor père de My Love (1948) et Vattel (1956).
  • Prince Bio père de Sicambre (1951) et Northern Light (1953).
  • Brantôme père de Pensbury (1943) et Vieux Manoir (1950).
  • Pharos père de Nearco (1938) et Pharis (1939).
  • Massine père de Strip the Willow (1932) et Mieuxcé (1936).
  • Winkfield's Pride père de Quo Vadis (1903) et Finasseur (1905).
  • Sea Saw père de Bruce (1882) et Little Duck (1884).

Chevaux ayant gagné le Grand Prix de Paris et ayant produit un ou plusieurs vainqueurs de la même course :

  • Vermout (1864) père de Boïard (1873).
  • Le Roi Soleil (1898) père de Sans Souci II (1907).
  • Perth (1899) père de Northeast (1908).
  • Sardanapale (1914) père de Fiterari (1927).
  • Brûleur (1913) père de Hotweed (1929).
  • Admiral Drake (1934) père de Phil Drake (1955).
  • Vieux Manoir (1950) père de San Roman (1958).
  • Sicambre (1951) père de Phaéton (1967).
  • Matahawk (1975) père de Valiant Heart (1980).

Poulinières

Aucune pouliche ayant gagné le Grand Prix de Paris n'a produit un vainqueur de la même course. Une seule poulinière a produit plusieurs vainqueurs du Grand Prix de Paris. Il s'agit de Czardas mère de Ragotsky (1893) et Semendria (1900).