Prix Renaud du Vivier : le grand carrefour

08 novembre 2017

Photo scoopdyga.com

Comme l’indique son titre complet, le Prix Renaud du Vivier est la Grande Course de Haies des 4ans. C’est aussi une étape importante dans la carrière de beaucoup de 4ans de haut niveau qui, jusqu’alors, se sont souvent illustrés sur les haies. En effet, c’est le dernier championnat disponible pour les chevaux d’une seule et même promotion. L’année suivante, ils auront pris 5 ans et seront alors soumis à la dure loi des courses intergénérationnelles, en qualité de cadets, et donc souvent à des duels difficiles face à des chevaux plus expérimentés. C’est aussi le moment de choisir sa voie, sur les haies jusqu’au bout –à l’image de lauréats tels que Karly Flight, Questarabad ou Blue Dragon, ou sur le steeple-chase, comme Or Noir de Somoza ou Bel La Vie…

Novembre, Auteuil

Prix Renaud du Vivier– Grande Course de Haies des 4 ans

 

Groupe 1, 4ans, Haies, 3.900 mètres, 270.000€

Créé en 1961

Tenante du titre : De Bon Coeur (f4 FRA par Vision d'État), appartenant et élevée par Jacques Détré et le Haras de Saint-Voir, entraînée par François Nicolle, montée par James Reveley.

La course se déroule en 2018 pour la 58ème fois

Historique

L’origine du Prix Renaud du Vivier remonte à 1961, quand les 4 ans furent exclus de la Grande Course de Haies d'Auteuil. Ils disposèrent alors d'une course intitulée « Grande Course de Haies des 4 Ans » disputée le même jour que le Grand Steeple. En 1986, elle devint « Course d'Eté des 4 Ans » (devenue Prix Alain du Breil en 1988), alors que l'appellation « Grande Course de Haies des 4 Ans » était attribuée en sous-titre à une nouvelle course, le Prix Renaud du Vivier, disputé à la fin du meeting d'automne. Cette course, dont le nom commémore le souvenir d'un des principaux dirigeants de la Société des Steeple-Chases de France, a pour mission de couronner le meilleur cheval de haies de sa génération. Sa distance a souvent varié de 3.800 à 4.200 mètres.

Renaud du Vivier de Fay-Solignac (1896-1985)

Il fut nommé membre du comité de la Société des Steeples le 7 octobre 1952. Devenu membre du conseil d'administration le 28 septembre 1955, il fut élu président le 10 octobre 1968 après le décès du comte Gérald de Rochefort. Il exerça la présidence de la société mère de l'obstacle jusqu'au 15 novembre 1977, date de sa démission pour raison de santé. Il eut pour successeur Alain du Breil.

De ses neuf années de présidence, on retiendra principalement que fut réalisée et achevée la longue et difficile rénovation d'Auteuil lancée par son prédécesseur. Sans oublier le fructueux parrainage apporté au développement des courses à Pau ainsi que la transformation des services administratifs de la Société des Steeples par la mise en place de la technique informatique.

Du marquis du Vivier, on a dit : « Il fut de la race des grands seigneurs… les derniers sans doute… qui passent les uns après les autres, en cette fin du XXe siècle. Sa courtoisie, son affabilité, sa bonté, sa compréhension étaient légendaires… tout comme son sourire et sa profonde gentillesse. »

Le marquis du Vivier connaissait le cheval sous toutes ses formes, dans toutes ses utilisations, ce qui lui valut de présider ou d'adhérer à une multitude d'associations. A ce propos on retiendra seulement ici qu'il présida l'UNIC (Union Nationale Interprofessionnelle du Cheval). Bordelais de naissance et de cœur, il fut un cavalier infatigable, un grand veneur ainsi qu'un éleveur et un propriétaire. Eleveur, il le fut en association avec Paul et René Duboscq. Dans leur haras de Labouret et dans sa propriété de Malleret, furent élevés une championne, La Sorellina (Prix de Diane, Prix de l'Arc de Triomphe) et des chevaux remarquables (Silnet, Feu du Diable, Tarquin, Tenarèze) qui se distinguèrent sous la casaque de Paul Duboscq.

Comme couleurs personnelles, il avait adopté celles (casaque cerclée orange et violet, toque noire) de Paul Clossmann, créateur du haras de Malleret vers 1875. Elles ne cessèrent de gagner quelques petites courses. Mais c'est à celles de son épouse (les mêmes que les siennes différenciées par une toque orange) qu'échut le bonheur de remporter à Chantilly en 1962 le Prix du Jockey Club avec un poulain qu'il avait choisi yearling à Deauville. C'était Val de Loir, appelé à devenir ensuite un grand étalon.

Les grandes réussites

Seulement cinq chevaux ont remporté les deux épreuves majeures pour les 4 ans sur les haies d'Auteuil, celle de l'été (Prix Alain du Breil) et celle de l'automne (Prix Renaud du Vivier). Ce sont Marly River (1987), Silbertal (1995), Le Coudray (1998), Nickname (2003) et Blue Dragon (2015).

Depuis que la Grande Course de Haies des 4 Ans se dispute à l'automne sous l'appellation de Prix Renaud du Vivier, seulement deux de ses vainqueurs sont parvenus à remporter ensuite la Grande Course de Haies d'Auteuil. Il s'agit de Vaporetto (1997), héros de la grande épreuve estivale à 6 ans en 1999 et Questarabad, victorieux de l'un en 2008 et de l'autre en 2009.

Deux chevaux ont réalisé l’exploit d’être le meilleur à 4 ans dans les deux spécialités, en gagnant successivement le Prix Maurice Gillois (steeple) et le Prix Renaud du Vivier (haies). Le premier fut en 1983 Bayonnet, propriété de Georges Blizniansky ; il était entraîné par André Fabre et son jockey était Alain Chelet. Le second fut en 2006 Or Noir de Somoza, propriété de Sean Mulryan, entraîné par Arnaud Chaillé-Chaillé et monté par Christophe Pieux. En 2004, Cyrlight avait tenté de faire aussi bien, mais, dans le Prix Renaud du Vivier il avait dû se contenter de la deuxième place derrière Maia Eria. A noter la victoire en 2013 d'un concurrent venu d'Angleterre, Ptit Zig, entraîné par Paul Nicholls.

Lauréate en 2017, De Bon Coeur est la première femelle au palmarès depuis 2007 et la victoire de Shekira (2007) alors que sept d'entre elles s'étaient succédées sur la plus haute marche du podium au cours des quinze années précédéntes dont les championnes Force Atlantique (1996), Line Marine (2001), Karly Flight (2002) et Maia Eria (2004)

Propriétaires

  • Daniel Wildenstein (3 victoires) : Video Tape (1982), Vaporetto (1997) et Homme du Jour (1999) ;
  • Henry de Blonay (2 victoires) : Seawell (1955) et Le Vermandois (1972) ;
  • Jean Séguinotte (2 victoires) : Le Pont Logis (1978) et Shekira (2007).

Entraîneurs

  • Jean-Paul Gallorini (5 victoires) : Model Man (1990), Silbertal (1995), Vaporetto (1997), Nickname (2003) et Hippomène (2014) ;
  • André Adèle (4 victoires) : Torero (1963), Seawell (1955), Orvilliers (1967) et Le Vermandois (1972) ;
  • Bernard Sécly (3 victoires) : Tepatitlan (1977), What a Joy (1981) et Caballo Raptor (2000) ;
  • Jack-Hubert Barbe (3 victoires) : Teofilo Otoni (1979), Dazzling Horse (1984) et Petite Fortune (1986) ;
  • Marcel Rolland (3 victoires) : Le Coudray (1998), Questarabad (2008) et Rock Noir (2009)
  • Arnaud Chaillé-Chaillé (3 victoires) : Karly Flight (2002), Or Noir de Somoza (2006) et Shekira (2007).

Jockeys

  • Christophe Pieux (3 victoires) : Line Marine (2001), Maia Eria (2004) et Or Noir de Somoza (2006) ;
  • David Cottin (3 victoires) : Ptit Zig (2013), Hippomène (2014) et Blue Dragon (2015).