Le défilé du Prix de Diane Longines

15 juin 2019

GRAND GLORY

Issue de la première année de production d’Olympic Glory, étalon en France, Grand Glory a débuté par une victoire assez nette en décembre dernier sur la piste en sable fibré de Deauville. Elle a pris la tête dès le début et s’est mise hors de portée de ses adversaires. Pour son retour, trois mois plus tard en terrain très lourd à Saint-Cloud, elle a tenté d’appliquer la même tactique mais, comme lors de ses débuts, elle a « flotté » un peu une fois en tête, pour finalement rester courageusement 2e. Montée aux derniers rangs lors de sa 3e tentative, elle a fini le plus fort en dépit de ses hésitations. Perfectible, elle a montré avec ce changement de tactique qu’elle avait assez de vitesse pour attaquer les meilleures au moment décisif. Grand Glory a coûté 18 000 € en vente à l’amiable à Arqana. Sa mère Madonna Lily n’a pas gagné mais c’est une sœur de Minakshi, gagnante de Groupe 2 au Canada.

Valeur officielle : 44,5kg

 

ENTITLE

Elle est remarquablement née puisque sa mère est aussi celle d’Enable, double gagnante du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, dont on attend la troisième tentative en octobre prochain à ParisLongchamp. Cependant, Entitle, une élève du grand éleveur saoudien Khalid Abdullah, n’a pour le moment pas montré les mêmes dispositions que sa grande sœur. Battue assez nettement pour ses débuts (6e) au mois de juin de ses 2ans, l’an dernier à Newmarket -  où elle est entraînée par John Gosden -, Entitle a attendu le mois de décembre pour réapparaître et signer son premier succès sur le sable de Lingfield Park après une poussée de croissance. Deuxième à une encolure de Nausha pour sa rentrée dans les Musidora Stakes (Gr3) à York, elle devait initialement aller sur les Ribblesdale Stakes (Gr2) sur 2400m à Ascot, mais revient donc sur la même distance que lors de sa rentrée.

Valeur officielle : 46kg

 

SIYARAFINA

Avec six victoires, Alain de Royer Dupré est l’entraîneur en activité qui compte le plus de succès dans le Prix de Diane Longines (le record est détenu par Henry Jennnings avec neuf réalisations… au XIXème siècle !). Cette année, l’entraîneur cantilien peut compter sur Siyarafina qui sera la favorite de ce Gr1. Ayant dû faire l’impasse sur la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1), elle a trouvé une belle compensation dans le « Saint-Alary » qu’elle a enlevé assez facilement. Cette fois, l’opposition face à Siyarafina est plus consistante. Il lui faut donc hausser encore un peu son niveau de jeu, ce qui n’est pas interdit car la fille de Pivotal est encore toute neuve, n’ayant couru que trois fois, pour autant de victoires : ses limites restent encore à définir. Dans l’histoire récente du « Diane », depuis 2008, huit pouliches sont arrivées invaincues sur cette course et le sont resté : Zarkava, Stacelita, Sarafina, Golden Lilac, Valyra, Trêve, Avenir Certain et La Cressonnière.

Valeur officielle : 49,5kg

 

CHANNEL

Battue de peu pour ses débuts, en mars à Saint-Cloud sur 2 000m, Channel est ensuite allée ouvrir son palmarès à Lyon-Parilly, facilement et sur 2 200m, avant de confirmer par un deuxième succès à Chantilly sur le même parcours que celui du Prix de Diane Longines, 2 100m. Elle battait ce jour-là Ebony, qu’elle retrouve ici, de près de deux longueurs et Wonderment, qui faisait sa rentrée et terminait quatrième après avoir mené. Channel a été achetée aux ventes de 2ans montés Arqana pour 70 000 € et elle représente Samuel de Barros, qui l’a confiée à Francis Graffard, entraîneur à Chantilly. C’est une fille de Love Magic, qui a gagné une seule course mais qui a pour mère, Magical Romance, lauréate au meilleur niveau dès l’âge de 2 ans dans les Cheveley Park Stakes (Gr1) à Newmarket. On retrouve dans cette famille de très bonnes femelles sur plusieurs générations, et sur toutes les distances.

Valeur officielle : 46kg

 

NAUSHA

Gagnante au courage en fin d’année dernière pour ses débuts à Newbury, sur un parcours de 1 600m en ligne droite, Nausha appartient à la même famille que les gagnantes de Gr1 à 2 ans que sont Seqoyah (d’où le classique Henrythenavigator) et Listen. Pour sa rentrée cette saison, la pensionnaire de Roger Varian - dont les effectifs réalisent un très bon début de saison - a terminé seulement 4e sur la piste tous-temps de Kempton Park. Sans doute encore à court de condition, Nausha s’est rachetée sur les 2 100m des Musidora Stakes (Gr3) à York. À l’issue d’une belle lutte, la représentante de Nurlan Bizakov a dominé Entitled, qu’elle retrouvera à Chantilly, et Frankellina, qui s’est comportée honorablement pour prendre la sixième place des Oaks à Epsom (Gr1), sur 2 400m. C’est une pouliche accrocheuse, qui peut sans doute encore progresser car elle a peu couru, mais il est difficile de bien situer son niveau encore.

Valeur officielle : 46kg

 

EBONY

Le 17 mai, sur le même parcours que le Prix de Diane, se disputait le Prix de la Chapelle-en-Serval. Cette course à conditions (niveau juste en-dessous des Listed races) a servi de préparatoire au « Diane » pour trois pouliches, dont Ebony. Montée à l’arrière-garde, Ebony terminait très bonne deuxième de cette épreuve. Il lui était quasiment impossible de s’imposer, parce qu’elle avait beaucoup trop de terrain à refaire sur Channel, montée plus près de la tête. Elle n’est donc pas incapable de prendre sa revanche sur la pensionnaire de Francis-Henri Graffard. Entraînée par Jean-Claude Rouget, Ebony est une fille de Le Havre, géniteur d’Avenir Certain et La Cressonnière, également au palmarès du « Diane ». Elle a été achetée 160 000 € à la vente de yearlings d’août 2017 à Deauville. Elle appartient à une famille maternelle « Aga Khan » que son entraineur connait bien : l’une de ses tantes est la classique Ervedya.

Valeur officielle : 44kg

 

ETOILE

Achetée 160 000 € yearlings à la vente Arqana de Deauville d’août 2017, Etoile descend d’une gagnante du Prix d’Astarté (Gr2, aujourd’hui Prix Rothschild-Gr1) bien connue : Navratilovna, qui est une sœur de Maximova. Entraînée par Jean-Claude Rouget (qui aura quatre partantes dans cette édition), Etoile réalise quasiment un sans-faute depuis le début de sa carrière. Cette dernière a débuté le 15 janvier lors du meeting d’hiver de Cagnes-sur-Mer par une victoire. Elle a confirmé à un niveau légèrement supérieur, toujours à Cagnes-sur-Mer, le mois suivant. A la rentrée parisienne, elle s’est frottée à une opposition bien plus relevée et a pris la 2e place du Prix Vanteaux (Gr3) à ParisLongchamp, puis elle a décroché son Groupe le 20 mai, à Saint-Cloud, à l’occasion du Prix Cléopâtre (Gr3). Très maniable dans un parcours et sans doute pas encore arrivée à son maximum, Etoile peut briller un peu plus fort ici et viser un podium.

Valeur officielle : 47kg

 

CARTIEM

Cartiem défend les couleurs de Jean-Louis Tepper. La casaque jaune et bleu a une revanche à prendre dans le Prix de Diane Longines : en 2017, alors qu’elle faisait partie des pouliches en vue, sa représentante Onthemoonagain avait chuté (sans mal) dans la phase finale du classique cantilien.

Cartiem a été achetée 140.000 € alors qu’elle était yearling, en août 2017, à Deauville. Elle descend d’une souche développée par l’Aga Khan et dans laquelle on retrouve le nom du bon stayer Manighar (gagnant de Gr2 en France et de Gr1 en Australie). Après des débuts discrets à Deauville dans le Prix des Marettes, Cartiem a enchainé par trois victoires, d’abord à Compiègne à 2 ans, puis pour sa rentrée à Saint-Cloud dans le Prix Durban (Classe 1) fin mars et enfin dans le Prix Pénélope (Gr3), le 1er mai, toujours à Saint-Cloud. Très maniable dans un parcours, Cartiem arrive sur ce « Diane » avec de la fraicheur. Elle sera associée à Christophe Lemaire, qui fait le déplacement du Japon, lui qui avait gagné le premier Diane de Jean-Claude Rouget, en 2009 avec Stacelita.

Valeur officielle : 46kg

 

NOOR SAHARA

Bonne deuxième pour ses débuts à Maisons-Laffitte en octobre, Noor Sahara a ensuite terminé cinquième sur la piste en sable fibré de Deauville avant la trêve hivernale. La représentante de l’écurie Jean-Louis Bouchard s’est en revanche imposée facilement pour son retour à Saint-Cloud. Pour sa quatrième sortie, elle a rencontré deux des meilleures pouliches françaises, Siyarafina et Commes, qui l’ont devancée nettement. L’une et l’autre ont réussi au meilleur niveau depuis et Noor Sahara les retrouve ici. Mais elle a montré un tout autre visage dernièrement, face aux mâles, sur les 1 600m du Prix de Pontarmé (L), qu’elle a gagné en produisant une belle impression. C’est la première fois dimanche que cette pensionnaire de Fabrice Chappet courra au-delà de 1 600m. Achetée 140 000 € yearling aux ventes de Deauville, l’athlétique Noor Sahara a beaucoup de vitesse dans son pedigree, mais son père Lope de Vega a gagné le Prix du Jockey Club sur ce parcours.

Valeur officielle : 47,5kg

 

CALA TARIDA

Entraînée au centre de Calas, près d’Aix-en-Provence, Cala Tarida court sous les couleurs de ses éleveurs, Marie-Joëlle Goetschy et Thierry de la Héronnière. Elle fait partie des partantes les plus expérimentées avec déjà sept sorties à son actif dont trois victoires. Toutes datent de l’année dernière car lors de ses deux seules courses cette année la pensionnaire de Frédéric Rossi a dû se contenter de la quatrième place, mais c’était au meilleur niveau et à ParisLongchamp. Elle a commencé cette campagne de 3ans dans le Prix de la Grotte (Gr3), préparatoire à The Emirates Poule d’Essai des Pouliches (Gr1), également disputé sur 1 600 mètres. Son entourage a préféré ensuite l’orienter sur les 2 000m du Saxon Warrior Coolmore Prix Saint-Alary (Gr1), où elle a terminé une fois encore 4e, notamment derrière Siyarafina et Olendon, qu’elle retrouve ici.

Valeur officielle : 46,5kg

 

AMARENA

Élevée en France mais entraînée en Allemagne, où l’a réintroduite son éleveur Klaus Hoffmann, Amarena est invaincue en deux sorties dont la deuxième en France, dans le Prix de la Seine (L) à ParisLongchamp. D’abord gagnante par près de deux longueurs pour ses débuts, à Düsseldorf sur 2 100m, cette pensionnaire de Henk Grewe a produit une forte impression lors de son incursion en France, sur un terrain souple qui lui plaisait sans doute. À telle enseigne qu’elle a changé de casaque ensuite pour rejoindre les effectifs de Satoshi Kabayashi, entraîneur japonais installé à Chantilly, sous les couleurs de son nouveau propriétaire, Masaaki Matsushima. Amarena est une fille d’Amouage, qui a produit avant elle un figurant classique outre-Rhin. C’est une famille qui remonte, assez loin, à celle d’Urban Sea, gagnante du Prix de l’Arc de Triomphe et mère des grands étalons Galileo et Sea the Stars…

Valeur officielle : 45,5kg

 

PARAMOUNT

Paramount est une fille de Siyouni, comme la lauréate du Prix de Diane Longines 2018 et le gagnant du QIPCO Prix du Jockey Club 2019. Entraînée sur le centre de La Teste-de-Buch par Christophe Ferland, elle appartient au syndicat Prime Equestrian, qui l’a achetée 140 000 € aux ventes de yearlings Arqana à Deauville. La pouliche a gagné sa première course après deux échecs sur courte distance, en août de ses 2 ans à La Teste sur 1 600m. Elle a confirmé immédiatement à Marseille-Borély sur le même créneau de distance avant la trêve hivernale. Battue de peu à un meilleur niveau pour sa rentrée à Toulouse, Paramount vient de débuter au nord de la Loire par une 4e place à Saint-Cloud dans le Prix Cléopâtre (Gr3) d’Etoile. Elle était battue une fois encore par Volskha, qui l’avait déjà devancée à Toulouse. Elle descend d’une famille allemande où la tenue ne manque pas.

Valeur officielle : 44,5kg

 

WONDERMENT

Achetée 60 000 € yearling en octobre 2017 à Deauville (Arqana), Wonderment est la seule gagnante de Gr1 au départ de cette course avec Siyarafina. Elle a obtenu ce titre à 2 ans, à l’occasion du Critérium de Saint-Cloud, face aux mâles sur 2 000m. Depuis cette victoire du 27 octobre 2018, Wonderment n’a été revue qu’une fois en compétition. C’était le 17 mai dernier, dans le Prix de la Chapelle-en-Serval. Après avoir mené, elle avait conservé la quatrième place, étant notamment battue par Channel et Ebony, qu’elle retrouve ici. Au regard des titres que possède Wonderment, la candidature de la pensionnaire de Nicolas Clément mérite le respect, mais sera-t-elle assez compétitive en ayant couru une seule fois cette année ? Son profil n’est toutefois pas sans rappeler celui de Goldamix : lauréate du Critérium de Saint-Cloud en 1999, elle n’avait été revue qu’une fois avant de courir le Diane (quatrième du Saint-Alary) dans lequel elle avait terminé troisième derrière sa compagne de couleurs Egyptband.

Valeur officielle : 48,5kg

 

MORNING DEW

Morning Dew est la seule candidate de ce Prix de Diane Longines (Gr1) à n’avoir encore jamais gagné. En revanche, elle est déjà passée trois fois sur le ring des ventes de Deauville et a deux fois changé de propriétaire : yearling lorsqu’elle a été adjugée 105 000 €, puis aux ventes de 2ans montés où elle a atteint 145 000€. Désormais propriété de l’Anglais Charles Wentworth, Morning Dew a été élevée dans le Gers par Mathieu Daguzan-Garros et Frédéric Bragato. Elle est entraînée à Chantilly par Nicolas Caullery, qui l’a débutée en fin d’année dernière par une quatrième place à Deauville. Morning Dew a pris la deuxième place pour sa rentrée derrière Matematica, qui avait terminé deuxième l’an dernier du Qatar Prix Marcel Boussac (Gr1) ! Elle a ensuite terminé au pied du podium dans une Listed sur 1 800m à ParisLongchamp avant d’échouer plus radicalement dans le Saxon Warrior Coolmore Prix Saint-Alary (Gr1) de Siyarafina.

Valeur officielle : 42kg

 

PLATANE

Lauréate du Prix Vanteaux (Gr3) à ParisLongchamp, devant Etoile, Platane était fort logiquement considérée comme l’opposante numéro 1 à Siyarafina dans le « Saint-Alary ». Mais la fille de Le Havre a trébuché à la sortie des stalles et elle n’a ensuite jamais réussi à rentrer dans la course, terminant dixième. Elle vaut assurément mieux que cela et son entourage lui maintient sa confiance et reste sur sa première idée : courir le « Diane » avec Platane. Elevée par ses propriétaires, Wertheimer & Frère, Platane appartient à une famille bien connue de cet élevage : sa troisième mère est Born Gold, à qui l’on doit l’inoubliable Goldikova. En remontant plus loin dans ce pedigree, on retrouve le nom de Rivière d’Or, qui a réussi le doublé « Vanteaux – Saint-Alary » en 1988 avant de prendre la deuxième place du Prix de Diane.

Valeur officielle : 47,5kg

 

COMMES

Portant le nom d’une commune du Calvados, Commes a couru la Poule d’Essai des Pouliches (Gr1) sous les couleurs de son éleveur, Gérard Augustin-Normand. Suite à sa deuxième place obtenue dans le classique du 12 mai couru à ParisLongchamp, Commes a changé d’entourage, étant acquise à l’amiable par Teruya Yoshida. Comme son père, Le Havre, Commes a pris la deuxième place de la Poule d’Essai. Le Havre avait ensuite enchainé par une victoire dans le Prix du Jockey Club (Gr1). Commes l’imitera-t-elle en remportant le pendant pour les femelles, le Prix de Diane ? C’est loin d’être impossible. La valeur qu’elle a réalisée le 12 mai à ParisLongchamp fait d’elle, en théorie, la meilleure pouliche du lot. Ses origines l’autorisent également à être plus performante sur 2 100m qu’elle ne l’était sur 1 600m. Sa mère, Leaupartie, est gagnante du Prix de Psyché (Gr3) à Deauville sur 2 100m. Elle avait également couru le « Diane », s’y classant sixième, pour sa troisième course seulement.

Valeur officielle : 50kg